Territoires Nord-Pas-de-Calais

Les opérateurs du logement veulent plus de dialogue avec l’administration

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel

A l’initiative du Syndicat national des aménageurs lotisseurs, cinq fédérations professionnelles (FFB, FPI, UMF, UNGE et Snal) se sont associées pour rédiger un Livre blanc en faveur de la relance de la construction de logements en Nord-Pas-de-Calais. Les propositions formulées s’adressent aux services de l’Etat et aux collectivités locales. Opération coup-de-poing, certes, mais pas seulement. « L’objectif est d’ouvrir un dialogue », précise Philippe Depasse, vice-président de la FPI Nord-Pas-de-Calais. Unanimement, les opérateurs dénoncent, en effet, une méfiance de l’administration publique à l’égard des acteurs privés. « Nous avons parfois l’impression que la priorité nationale qu’est la construction de logements n’est pas celle de l’administration », poursuit Philippe Depasse. Autrement dit, les objectifs ambitieux répétés à l’envi dans les ministères ne produisent pas un mètre carré supplémentaire.

La spirale lilloise de la pauvreté.

Le constat est particulièrement marqué à Lille, où il pousse deux fois moins de logements qu’à Lyon. « Nous gérons une spirale de la pauvreté », ose Philippe Castelain, président de la chambre Nord-Pas-de-Calais du Snal. De même, les professionnels déplorent le « double discours » des élus locaux, qui « ont souvent du mal à appliquer à l’échelon communal ce qu’ils ont voté à l’unanimité au niveau intercommunal ». D’où l’idée de cette contribution rédigée à cinq mains. Partant du principe que l’écosystème local de la production est tout aussi important que le contexte national, les rédacteurs ont tenté d’identifier les améliorations possibles.

Aucune des propositions formulées ne réclame de réforme profonde ou d’investissement considérable. Il s’agit juste de mettre de l’huile dans les rouages. Comment ? En commençant par garantir un accueil décent des professionnels et une écoute de leurs problématiques. L’Agence régionale de santé (ARS) et la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) sont interpellées, mais elles ne sont pas les seules concernées. Le dialogue avec la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) et l’Institut national des recherches archéologiques et préventives (Inrap) reste à construire. Afin de fluidifier le marché, les opérateurs réclament la création d’outils propres aux collectivités avec des services intégrés d’archéologie préventive et la possibilité de bénéficier d’un délai supplémentaire lorsqu’un chantier est stoppé par des fouilles. Autres vœux : une adaptation des normes aux spécificités du terrain et une meilleure connaissance des attentes de la police de l’eau en amont des projets afin de mieux les anticiper.
La famille du logement plaide également pour un réel travail de concertation locale avant le vote du PLU afin de garantir sa solidité et son acceptabilité. Dans le même esprit, les fédérations professionnelles demandent à être associées aux travaux préparatoires de rédaction des documents d’urbanisme, a minima la création d’un guichet unique des documents d’urbanisme, qui permettrait à la fois d’accéder aux documents cachés ou marginaux et à la puissance publique de garantir la cohérence de ses documents. Les opérateurs lancent encore l’idée d’une offre à la carte dans l’instruction des permis de construire, sans flécher forcément l’intercommunalité.
D’aucuns estimeront sans doute que les « odieux bétonneurs » n’en ont jamais assez, mais au moins, ce Livre blanc a le mérite de vouloir dépasser la complainte.

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ENCADRE

Le BTP picard s’enfonce dans la crise

Selon l’Insee, la situation du bâtiment en Picardie a continué à se dégrader en 2014. Les permis de construire ont chuté de 17 % par rapport à 2013 et les mises en chantier de 8 %. « La région pâtit de son manque d’attractivité, analyse Arnaud Degoore, directeur de l’Insee Picardie. Ce déficit freine la croissance du nombre de ménages qui, ailleurs, joue le rôle de filet de sauvetage pour le secteur. » Ainsi, les stocks neufs restent élevés bien que les prix soient orientés à la baisse. Il faut compter plus d’un an et demi entre la mise sur le marché d’un bien et sa vente. Conséquence : en 2014, quelque 1 600 emplois ont été détruits, soit 5 % des effectifs de la construction. Une hémorragie que les pouvoirs publics semblent bien en peine de stopper. Seule touche positive dans ce triste tableau, l’augmentation des volumes de constructions résidentielles, destinées aux étudiants ou aux seniors. En 2014, plus d’un millier de permis de construire ont été délivrés, contre moins de 300 en 2013. .

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