Territoires Politiques publiques

« Les modes de fabrication de la ville doivent être plus souples, plus réactifs »

Mots clés : Réforme de l'Etat - Urbanisme - aménagement urbain

Questions à Emmanuel Couet, président (PS) de Rennes Métropole, et Nathalie Appéré, députée-maire (PS) de Rennes.

Dans cette forteresse socialiste depuis 1977, Nathalie Appéré, maire de la ville centre, et Emmanuel Couet, maire de Saint-Jacques-de-la-Lande et président de Rennes Métropole, ont inauguré un nouveau mode de gouvernance en formant un tandem qui va jusqu’à partager un cabinet commun. Ensemble, ils veulent faire évoluer le modèle de planification urbaine de leurs prédécesseurs.

Dans la compétition entre métropoles, comment Rennes se distingue-t-elle ?

Emmanuel Couet : Il y a communément un modèle rennais avec deux dimensions : la ville sans banlieue sur le modèle de la ville archipel et un très haut niveau de cohésion sociale. Je pense que cette inclusion sociale est un facteur d’attractivité et donc un atout dans la compétition entre les territoires. Elle commence d’ailleurs à être identifiée et mesurée comme telle par les géographes.
Nathalie Appéré : La démographie est également une caractéristique forte. Nous sommes régulièrement dans le Top 3 des métropoles en croissance avec Toulouse et Montpellier. Au-delà du modèle urbain lui-même, c’est le reflet d’un développement économique. Par ailleurs, nous pensons que le fait d’investir 2 milliards d’euros en consolidé sur le mandat participe à cette attractivité, autant que les services rendus aux habitants.

Comment ces grands chantiers s’articulent-ils ?

Emmanuel Couet : Ce qui fera de Rennes une métropole pesant à l’échelle nationale et européenne, c’est cet ensemble de grands projets structurants qui s’appuient les uns sur les autres et qui ont pour caractéristique d’aboutir dans un calendrier très serré. Faisons la liste : cité internationale (fin 2016), arrivée de la grande vitesse, et livraison du pôle d’échange multimodal et la nouvelle gare (2017), centre de congrès (2018) et deuxième ligne de métro (2019-2020). Il n’y a pas de territoire national qui va livrer autant d’équipements structurants dans une période aussi resserrée. Il y aura donc un « avant » et un « après » les années 2017-2020. Rennes pourra alors se hisser dans la division supérieure.
Nathalie Apparé : La deuxième ligne de métro nous permet de transformer profondément la métropole en requalifiant les espaces publics, les quartiers. Car une des particularités de ce métro est de desservir les cinq zones urbaines sensibles. C’est aussi une reconquête patrimoniale comme pour la place Saint-Anne et le futur centre des congrès qui sera à cinq minutes de métro de la gare, elle-même à 1 h 27 de Paris en LGV.

La culture rennaise de la planification urbaine est-elle toujours d’actualité ?

Emmanuel Couet : La ZAC reste une excellente procédure sur les grandes échelles et les secteurs à très forts enjeux, mais elle ne doit plus être la réponse unique et automatique. En effet, le délai entre la décision politique et les premières livraisons est de l’ordre de cinq à six ans. Ce n’est plus possible. Le temps de la ville doit s’accorder avec le temps des acteurs économiques et les attentes de nos concitoyens. Nous avons déjà un ensemble de mécanismes garantissant l’essentiel avec les PLU qui encadrent l’initiative privée et le programme local de l’habitat qui oblige à 50 % de produits aidés. Mais nous souhaitons trouver des modes de fabrication de la ville qui soient plus réactifs, plus souples.
Nathalie Appéré : Cette question des délais est pour nous un impératif. Nous produisons de la qualité, mais nous produisons lentement. Or le temps est facteur de dépense publique. Nous avons besoin d’être plus innovants. Dans le cadre de la libération du foncier public de l’Etat, nous nous interrogeons, par exemple, sur la possibilité d’expérimenter un projet urbain partenarial (PUP) sur une opération 300 logements en proximité immédiate du centre-ville. Je dirais que, pour être fidèle à un modèle, il faut évoluer.

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