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Les maires en colère ne baissent pas les bras

Mots clés : Etat et collectivités locales

Les élus cherchent des solutions pour continuer à investir. Pas toujours simple…

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« Nous allons faire appel au mécénat »

« Dans une situation financière contrainte, le prix de la bonne gestion demande de faire des choix sur l’investissement et le fonctionnement. Par exemple, sur les 45 millions d’euros de fonctionnement, la masse salariale représente plus de la moitié. En matière d’investissements, faire des choix amène un projet et demi, contre trois auparavant. Cela implique aussi de rechercher des financements. Par exemple, pour la Manufacture gourmande, projet phare de mon mandat qui coûte 20 millions d’euros, la commune va créer une fondation pour faire appel au mécénat. J’ai aussi activé tous les leviers possibles, présentant le projet à la Caisse des dépôts, à la BPI, au conseil régional. Par ailleurs, l’agglomération du Grand Périgueux a cofinancé avec la Ville l’étude de faisabilité du projet. »

Antoine Audi, maire (LR) de Périgueux (24).

30 000 habitants. Budget : 54,5 M€. Investissement : 6,82 M€.

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« Nous lancerons des projets de moindre ampleur »

« Après avoir investi 30 millions d’euros par an au cours des années passées, la baisse des dotations de l’Etat et des subventions des autres collectivités nous impose de réduire notre niveau d’investissement à 20 millions par an, durant le mandat. Cette réduction est due aux contraintes qui pèsent sur notre budget de fonctionnement, car nous portons aussi la liquidation d’une ancienne SEM. Du coup, notre autofinancement et nos capacités d’investissement sont mécaniquement réduits. Nous allons nous repositionner sur des projets de moindre ampleur et être très attentifs à notre intégration dans la Métropole Aix-Marseille-Provence et sa capacité à venir en aide à une ville moyenne comme la nôtre. »

Loïc Gachon, maire (PS) de Vitrolles (13).

36 000 habitants. Budget : 100 M€. Investissement : 20,5 M€.

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« Le regroupement aide à rationaliser »

« Grâce à la commune nouvelle, nous ajoutons le fonds de compensation pour la TVA (FCTVA) sur les investissements de cette année sur les travaux passés de nos deux villages, respectivement en 2014 et 2015. Le total procure un bonus de 183 000 euros, certes temporaire, mais qui nous assure de pouvoir mener à bien les chantiers prévus. Il dépasse 200 000 euros en additionnant fonds de soutien de l’Etat et de la région, chiffre à comparer à notre seuil de référence de 500 000 euros de budget annuel d’investissements. Cela met de l’huile dans les rouages pour deux à trois ans. Le regroupement aide à rationaliser : au lieu de rénover pour 1 million d’euros l’ancienne mairie de Soppe-le-Haut, nous y construirons pour 200 000 euros une annexe à la mairie toute neuve de Mortzwiller. »

Franck Dudt, maire (SE) de la commune nouvelle du Haut-Soultzbach (68).

933 habitants.
Budget : 1,41 M€. Investissement :
704 500 €.

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« Nous avons été doublement pénalisés »

« L’Ile-Saint-Denis est une ville financièrement pauvre, avec 61 % de logements sociaux et un taux de chômage de 22 %. A la baisse des dotations de l’Etat s’ajoute une pénalisation financière (220 000 euros en moins) liée à notre entrée dans la politique de la Ville (abattement de 30 % de la TFPB pour les bailleurs sociaux). Nous ne sommes plus non plus éligibles à la « DSU cible », d’où une perte de 107 000 euros. C’est pourquoi, fin 2014, nous avons mené le combat de façon assez spectaculaire (voir photo de couverture). Pour faire face, nous diminuons fortement nos dépenses de fonctionnement (160 000 euros en deux ans), multiplions les partenariats extérieurs (Anru, réserve parlementaire…) et poursuivons notre politique de sobriété sur la consommation des fluides entamée en 2001. En 2016, nous allons reporter certains investissements : reconstruction d’un centre de loisirs, travaux dans les écoles… »

Michel Bourgain , maire (liste citoyenne écologiste) de L’Ile-Saint-Denis (93).

7 000 habitants. Budget : 12,5 M€. Investissement : 1,65 M€.

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« Nous privilégions l’entretien de notre patrimoine »

« De gros investissements ont été réalisés dans les mandats précédents. Aussi, compte tenu des efforts financiers consacrés à la sortie des emprunts toxiques, nous orienterons l’essentiel de nos ressources vers l’entretien du patrimoine, qu’il soit routier ou immobilier. Rien que sur les écoles, nous avons estimé à 13,5 millions d’euros le montant des travaux urgents à conduire… Nous allons faire appel au privé, dans le cadre de la DSP, pour la construction de deux nouveaux parkings silos. Des investissements importants concernant directement Chambéryseront financés par l’agglomération, comme la construction d’une nouvelle piscine – dont le concours d’architecte sera attribué le 9 juin – ou le chantier de lutte contre les inondations de la Leysse. »

Michel Dantin, maire (LR) de Chambéry (73).

58 000 habitants. Budget : 90 M€.
Investissement :
12 M€.

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« Priorité aux équipements pour les jeunes »

« La brutalité de la baisse des dotations de l’Etat, qui s’élève à 25 millions d’euros sur 2014-2017, conduit à un effet ciseau d’une grande violence pour une ville en plein baby-boom comme Montreuil. D’un côté, les besoins d’investissement sonten forte hausse – je dois construire 40 classes supplémentaires dans les trois ans qui viennent – et de l’autre, les ressources se tarissent de manière drastique. Nous vivons « l’effet domino » de la baisse des dotations, qui frappe également la région et le département. Pour les communes qui arrivent en bout de chaîne, c’est triple peine. Outre la priorité absolue donnée à l’éducation, nous avons pu sauvegarder un certain nombre d’opérations de construction et de restructuration d’équipements sportifs, nécessaires dans une commune qui compte beaucoup de jeunes. En revanche, et malgré nos efforts sur le fonctionnement, de l’ordre de 2,8 millions d’euros en 2016, nous devons différer de grosses rénovations de l’espace public et d’équipements existants. »

Patrice Bessac, maire (PCF) de Montreuil (93).

105 000 habitants. Budget : 289,7 M€. Investissement :
47 M€.

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« L’investissement est maintenu grâce aux économies de fonctionnement »

« Notre objectif est de conserver un fort niveau d’investissement. Continuer à investir sans augmenter les impôts représente un véritable tour de force dans un contexte chaque année plus contraint par les pertes brutales de ressources imposées par l’Etat, soit 4,2 millions d’euros en 2016, après avoir perdu 4,1 millions en 2015. Pour atteindre notre objectif, les économies de fonctionnement (3,2 millions sur un an) sont réinjectées dans l’investissement, qui passe de 42,1 millions en 2015 à 46 millions en 2016. Cela nous permettra de poursuivre de nombreux projets, comme la rénovation de l’espace public (4,67 millions) ou le lancement des travaux de la ZAC Carmes-Madeleine, soit 3 millions, auxquels s’ajoute 1 million pour la voirie. »

Olivier Carré, maire (LR) d’Orléans (45).

115 000 habitants. Budget : 249 M€.
Investissement : 46 M€.

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« Il faut être plus inventif et plus patient »

« Pour une commune comme la nôtre, les choix sont relativement limités. Depuis 2001, les impôts n’ont jamais été augmentés, mais de toute façon, leurs bases faibles en font un levier limité pour l’investissement. Entre 2006 et 2012, nous avons vu arriver un tiers d’habitants en plus. Il nous a donc fallu investir. Nous avons toujours pris le temps de bien définir les besoins et nous avons pu réaliser plusieurs équipements en vendant des biens communaux, tout en étant à l’affût des politiques publiques. Concernant les baisses de dotations, il faut arrêter de se plaindre. Nous avons toujours la possibilité de faire les choses en étant plus inventifs… et patients, car nous pouvons être amenés à décaler des projets. Il faut avoir une vision à long terme et à notre échelle, la continuité est primordiale. »

Claire Théveniau, maire (SE) de Puceul (44).

1 076 habitants. Budget : 1 M€.
Investissement :
357 000 €.

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