Enquête

Les loueurs sont à la recherche de relais de croissance

Mots clés : Gestion immobilière

Location. Confrontés à une baisse d’activité, les loueurs de matériels cherchent la parade en prospectant d’autres secteurs d’activité et en diversifiant leur parc. Mais tous attendent d’avoir davantage confiance en l’avenir pour investir à nouveau.

En période de crise, les entreprises ralentissent leurs investissements en matériels, ce qui devrait profiter aux loueurs. Las ! Ce calcul est trop simple. « Non, la crise ne profite pas au secteur de la location, regrette Gérard Déprez, président de Loxam. La location va bien quand l’activité va bien. Il y a moins de matériels à louer du fait de la baisse du nombre des chantiers. » Depuis la crise de 2008, le secteur a connu des hauts et des bas, et l’année 2015 ne s’annonce pas brillante. « Si on prend strictement les chiffres, la baisse d’activité est importante mais ne s’effondre pas », poursuit Gérard Déprez. Confrontés à l’affaiblissement de la demande, les loueurs traditionnels doivent également faire face à la concurrence des organismes de financement. Florence Michel, directrice d’exploitation chez Enco, le remarque : « En tant que loueurs indépendants, nous sommes confrontés aux constructeurs qui proposent de plus en plus la location financière. Choisie comme une alternative à l’achat, celle-ci est moins coûteuse que la location traditionnelle tant que l’engin fonctionne bien car, en cas de panne, la location financière n’est pas suspendue… » À ce paysage mouvant, les loueurs ajoutent des incertitudes quant à l’avenir. « Ce qui est catastrophique, c’est le manque de visibilité. Quand réinvestir ? » s’interroge Mohéra Lheureux, directrice générale du groupe Lheureux. En attendant d’y voir plus clair, l’entreprise a pris des mesures radicales et recherche de nouveaux marchés dans de nouveaux secteurs d’activité comme l’industrie ou les carrières, qui correspondent au parc actuel de l’entreprise très tournée vers le terrassement. « Pour le moment, nous n’avons pas tenté la diversification avec de nouveaux équipements », conclut Mohéra Lheureux. CFE Location a, pour sa part, franchi le pas, mais davantage par l’adaptation d’engins que par l’achat de nouveaux matériels : « Nous étions déjà acteurs dans le secteur des travaux souterrains et de la démolition. Nous nous orientons plus vers l’industrie, la manutention, l’environnement, la dépollution : des secteurs plus exigeants au niveau des normes, qui nécessitent une adaptation du matériel en équipements complémentaires », commente Philippe Dury, directeur général de CFE Location. La spécialisation est aussi le créneau choisi chez Enco. « L’avenir est à l’équipement spécialisé », estime Florence Michel qui, en 2014, a acheté des pelles rail-route. « Le fait d’avoir de nouvelles machines dans nos parcs crée aussi la demande », conclut Gérard Déprez.

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1 - Chiffre d'affaires

 En baisse depuis deux ans Le chiffre d’affaires de loueurs de matériels est en baisse depuis deux ans : – 1 % en 2013 et – 5,5 % en 2014. Pas de panique, cependant : avec 3,6 milliards d’euros, le volume actuel des locations est équivalent à ce qu’il fut en 2007, soit une période florissante. Ce chiffre ne représente que l’activité des loueurs stricto sensu, mais il faudrait lui ajouter celle pratiquée par les distributeurs, soit environ 400 millions d’euros.

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2 - Nombre d'agences 3 000 sites en France

Le territoire français est couvert par 3 000 agences de location, un chiffre stable, les nouvelles créations étant compensées par les fermetures, surtout celles de grandes enseignes qui réorganisent leur réseau après chaque rachat de concurrent, afin d’éviter les doublons dans une même ville. Les deux principaux groupes restent Loxam – 460 agences en France – et Kiloutou – 430 agences -, qui représentent à eux deux un tiers du marché.

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3 - Investissements Hausse des achats

Les investissements en matériels – le chiffre publié ne prend pas en compte les investissements immobiliers – progressent alors que le chiffre d’affaires baisse. Le poids des loueurs sur le marché diffère selon la catégorie de matériel. Il est quasi nul pour des engins très spécialisés mais prépondérant pour d’autres comme les minipelles, les chariots télescopiques ou, surtout, les nacelles élévatrices qui sont presque toutes louées.

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4 - Âge du parc Un léger rajeunissement

En moyenne, une machine de location française est âgée de 5 ans, ce qui correspond à un léger rajeunissement par rapport à 2013. C’est qu’à trop vouloir attendre, les loueurs se sont retrouvés avec un parc vieillissant qui leur coûte de plus en plus cher en réparations consécutives à des pannes. Certains loueurs ont cependant bâti leur modèle économique sur un amortissement au-delà de dix ans.

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