Architecture Technique Façades

Les lames orientables jouent les brise-soleil

Mots clés : Verre

Mobiles, les lames de verre de la façade double peau se dirigent en fonction des besoins.

S’agissait-il de mettre en évidence la présence des chercheurs au sein du nouveau Centre universitaire des Quais, à Lyon ? Quoi qu’il en soit, le pôle de recherche se repère facilement grâce à ses façades double peau : orientées est et ouest, celles-ci sont équipées de 408 lames de verre sérigraphié qui jouent le rôle de brise-soleil verticaux. Ces lames de verre mesurent 53 cm de large pour 2,80 ou 3,16 m de haut, en fonction de leur implantation, et pèsent en moyenne 130 kg. Un poids qui nécessite une tringlerie robuste afin, non seulement, de supporter les vitrages feuilletés, mais aussi d’assurer leur rotation en fonction de l’ensoleillement. La fiabilité du dispositif est d’autant plus importante que ce dernier est appelé à fonctionner pendant toute la durée de vie du bâtiment, estimée à 50 ans. « Il était impensable que des lames de verre puissent tomber sur les passants en cas de bris d’un élément », pointe aussi Pierre Martin, ingénieur spécialiste des produits verriers à l’Apave.

Des pièces empruntées à la mécanique

Plusieurs solutions techniques se complètent pour prendre en compte ces différents aspects. Le système de fixation tout d’abord se compose de quatre attaches traversantes placées en tête et en pied de chaque lame. « Le mécanisme qui actionne les lames est situé en partie basse, là où se concentre le poids des vitrages », précise Pierre Martin. Réalisé en majorité avec des éléments en acier inoxydable, il comprend aussi une pièce de bronze auto-lubrifiée. Couramment utilisée en mécanique, l’auto-lubrification implique une fabrication par compression au cours de laquelle un lubrifiant est emprisonné au cœur de la matière. « Contrairement au roulement à billes, ce système ne nécessitera jamais d’entretien », indique Fabien Ardin, chargé d’affaires chez Sadev, le fournisseur du système. Afin de valider cette assertion, le dispositif a été soumis à des cycles complets d’ouverture/fermeture en laboratoire. « Il était prévu d’aller jusqu’à la ruine, mais l’équipement d’essai s’est usé plus vite que le mécanisme », se réjouit Aurore Brzezinski, en charge des études chez Smac. Quant à la chute de verre, elle est empêchée par le dimensionnement des attaches supérieures, assez robustes pour supporter le poids de la totalité de la lame en cas de casse de la tringlerie. Enfin, l’ensemble du dispositif est protégé par un anémomètre en toiture : lorsque le vent dépasse les 36 km/h, les lames reliées au système de gestion technique centralisée du bâtiment s’aligneront afin d’être parallèles à la façade.

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ENCADRE

Maître d’ouvrage : Rectorat de l’académie de Lyon. AMO : SERL Aménagement. Maîtrise d’œuvre : Auer + Weber + Assoziierte (mandataire) et Arodie Damian Architecture. Lot façade : Smac/Sadev/AGC. Contrôle technique : Apave.

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