Enjeux

Les JO, mais pas trop

Point trop n’en faut pour Anne Hidalgo. Le premier édile de la capitale l’a affirmé sans détour ces derniers jours : si la Ville lumière n’obtient pas les Jeux olympiques 2024, elle ne sera pas candidate pour 2028. Et si cela n’était qu’un coup de bluff de la maire de Paris ? Selon certains, l’objectif serait d’obliger les membres du Comité international olympique (CIO) à confier les JO à Paris dans sept ans, et à les laisser dans onze ans à Los Angeles, la seule autre ville encore en lice. D’autres sont persuadés que la maire ne plaisante pas. Ce qui est sûr, c’est que le comité n’arrive plus à trouver de candidats pour ses gigantesques jeux qui laissent leurs hôtes sur la paille et des « éléphants blancs » partout. Il veut donc sécuriser les deux prochaines éditions en les accordant en une seule fois à des villes « sérieuses ».

Un vote du comité interviendra début juillet pour valider cette procédure, avant la décision définitive en septembre. Si l’on imagine mal la capitale renoncer après les échecs de 1992, 2008 et 2012, Hidalgo a néanmoins raison de mettre la pression sur le CIO. Attendre 2028 ne garantirait pas la mise en place dès 2023 du Grand Paris Express et ralentirait la transformation écologique de la métropole. Par ailleurs, le foncier du village olympique à Saint-Denis ne pourrait être gelé aussi longtemps. Obtenir l’édition 2024 serait à l’inverse une opportunité formidable pour la France, et en particulier pour son BTP, de démontrer son savoir-faire dans les infrastructures de transports urbains… qui sont justement le point faible de Los Angeles.

Le « Wall Street Journal » semble valider la stratégie d’Anne Hidalgo. Selon son édition du 30 mai, le maire de L. A. aurait « topé » pour 2028, en échange d’une enveloppe financière supérieure du CIO, soit 2 milliards de dollars, contre 1,5 milliard pour 2024. Mais attention à l’excès de confiance : la Cité des anges a pour elle un village préexistant et la puissance des diffuseurs américains, les vrais financeurs des JO. Et à Lausanne, l’argent arrive rarement deuxième.

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