Territoires Aménagement

« Les Jeux olympiques seraient un accélérateur de bien vivre »

Mots clés : Sport

Questions à Patrick Braouezec, président (FG) de Plaine Commune.

Le président de Plaine Commune évoque les enjeux de la candidature aux Jeux olympiques de 2024 et de la création de la métropole du Grand Paris, le 1er janvier 2016.

Le comité de candidature de Paris 2024 a retenu le site de Pleyel-Bords de Seine pour implanter le village olympique. Quelles sont les prochaines échéances ?

C’est une année de travail intensif qui nous attend puisque le dossier final doit être remis en février 2017. Nos équipes, avec l’Atelier parisien d’urbanisme et l’association Ambition olympique notamment, ont déjà bien avancé. Nous devons maintenant affiner les coûts, bien nous mettre d’accord sur la conception du village et sur l’héritage. Nous espérons être partie prenante du groupement d’intérêt public qui va prendre le relais d’Ambition olympique pour piloter la candidature parisienne. Si nous décrochons les Jeux, près de 50 % des épreuves se dérouleront sur notre territoire, réparties entre le Stade de France, le futur centre aquatique et le site de Marville, qui sera rénové.

Quelles seraient les retombées pour le territoire ?

Ce serait, tout d’abord, l’assurance de la mise en service au plus tard à l’été 2024 du prolongement de la ligne 14 jusqu’à Saint-Denis Pleyel et des lignes 16 et 17 du Grand Paris Express. Ensuite, les travaux connexes accompagnant la construction du village olympique : enfouissement des lignes à haute tension sur L’Ile-Saint-Denis, réalisation d’un mur antibruit le long de l’A86… constitueraient autant de réparations à l’égard du territoire. Plus qu’un accélérateur de développement, les Jeux olympiques seraient un accélérateur de bien vivre.

Comment l’Etat va-t-il se positionner ?

Il était convenu que, si nous étions retenus pour l’accueil du village olympique, nous engagerions l’élaboration d’un contrat d’intérêt national. J’insiste bien sur ce mot de « contrat ». Nous voulons être en situation de copilotage, de pouvoir partagé entre les collectivités locales et l’Etat. Il n’est donc pas question de créer une opération d’intérêt national et il est exclu que Grand Paris Aménagement opère en lieu et place de Plaine Commune Développement ou de tout autre outil local d’aménagement.

Qu’est-ce qui va changer avec la création de la métropole du Grand Paris (MGP) ?

Pendant un an, jusqu’au transfert des compétences aménagement et habitat à la métropole, rien ne devrait changer. Aujourd’hui, la MGP est une coquille vide. Pour autant, elle existe, et il va falloir la faire fonctionner. Il faut très vite définir notre conception du travail communautaire. Un groupe de réflexion a été mis en place au sein du syndicat Paris Métropole sur ce sujet-là. Je souhaite que la gouvernance de la MGP s’inspire de celle de Plaine Commune, qui fonctionne comme une coopérative de villes. Il faut aussi régler la question de la composition du bureau du conseil communautaire : homogène ou représentatif de la diversité politique. Si les tenants d’une construction politicienne de la métropole l’emportent, elle ne pourra pas agir et risque d’éclater en vol.

Le sud de Plaine Commune s’est beaucoup développé. Le temps d’un rééquilibrage au nord est-il venu ?

Un premier rééquilibrage s’est déjà opéré avec l’arrivée des tramways T5 et T8 ; et la mise en service de la Tangentielle Nord, en 2017, va générer de nombreux investissements. Le nord du territoire ne pourra pas connaître le même développement que le sud. Un siège social n’ira pas s’implanter à Pierrefitte ou Villetaneuse. Chaque ville a ses spécificités.
Le plus important est d’offrir à nos populations tous les services leur permettant de vivre correctement. Lors du premier mandat, l’un des objectifs était d’atteindre le « plus communautaire » : nous voulions être les plus compétitifs, les plus attractifs… Désormais nous visons le « bien communautaire », en privilégiant le « bien-être », le « bien-vivre » et un retour à davantage de sobriété. Ce qui implique de repenser nos modes de fonctionnement. En termes de développement économique, par exemple, si nous sommes toujours prêts à accueillir une grande entreprise, nous mettons aussi l’accent sur l’économie sociale et solidaire.

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