Régions Pays de la Loire

« Les grands projets structurants sauvent l’emploi »

Mots clés : Monde du Travail

Le 14 novembre à Nantes et le 20 à La Roche-sur-Yon, des entrepreneurs de travaux publics sont descendus dans la rue pour crier leur inquiétude et demander le respect des engagements de l’Etat sur les grands chantiers.

Pourquoi ces manifestations ?

Pour défendre une certaine idée de l’aménagement du territoire. Ce sont bien sûr les grands projets structurants, comme l’aéroport Notre-Dame-des-Landes ou l’A831, mais aussi l’entretien des routes, des ponts, des voies ferrées, des canalisations de distribution et de collecte d’eau, des réseaux électriques, des ouvrages portuaires, etc. Ils représentent le fonds d’activité récurrent. Ils ne font pas l’objet d’articles dithyrambiques dans la presse, mais garantissent l’avenir de notre patrimoine collectif. Tout en ne dépensant que 1 à 2 % de leur valeur à neuf chaque année.

Reste que cela représente déjà beaucoup en cette période de rigueur.

Nous sommes des entrepreneurs et les rigueurs budgétaires sont notre quotidien depuis toujours. Mais arrêtons de confondre les dépenses de fonctionnement et celles qui relèvent de l’investissement. Je cite souvent une maxime rapportée d’Extrême-Orient par Erik Orsenna : « Un pays qui s’endette et n’investit pas, n’aime pas ses enfants. »
Et puis, faut-il rappeler que l’impact de l’activité se traduit en termes d’emploi. Or, nous sommes dans une situation catastrophique. Entre 2012 et 2017, 5 000 emplois sont menacés de disparaître dans la région. J’ai en tête gravés les visages inquiets qui écoutaient les discours lors de la manifestation dans un silence qui en disait très long. C’est injuste pour nos salariés, mais aussi pour nos entrepreneurs dont la seule faute aura été de ne pas supporter les conséquences de la crise.

Indépendamment des aspects financiers, les grands projets sont de plus en plus contestés à l’image du transfert de l’aéroport de Nantes.

La question de Notre-Dame-des-Landes est primordiale, car si on renonce aujourd’hui à un projet sur lequel on travaille depuis plus de trente ans, alors plus rien n’est possible. Ce serait un véritable coup de poignard dans le dos pour la profession. Après l’affaire du barrage de Sivens, l’annulation de l’écotaxe, les incertitudes autour de l’A831 demandée par une grande majorité d’élus, l’abandon du projet d’aéroport pourrait créer un précédent pour tous les autres projets d’aménagement. Je rappelle que des entrepreneurs ont reçu des menaces s’ils répondaient aux appels d’offres. Cela pose la question des principes démocratiques et de la décision en politique. En cela, le transfert de l’aéroport est un acte Politique avec un « P » majuscule. Cela pose aussi la question des infrastructures dans le débat public. Les citoyens sont nos clients et nous ne sommes pas des agresseurs de l’environnement, au contraire ! Un réseau d’eau potable qui fuit est dramatique d’un point de vue environnemental. Or, qui s’y intéresse ?

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