Enjeux

Les grands du BTP dans la guerre numérique

Mots clés : Entreprise du BTP

Une étude de KPMG, que « Le Moniteur » dévoile en exclusivité, montre que les principaux acteurs sont à pied d’œuvre pour profiter de la révolution numérique.

Si les grands acteurs du BTP mondial ont pris conscience des enjeux de la révolution technologique que traverse leur filière, ils en sont encore au stade du déploiement des moyens. C’est ce que démontre, en substance, une étude internationale réalisée par KPMG sur le sujet (1). « Ils ont devant eux un fantastique terrain de jeu qui consistera à capter la valeur ajoutée engendrée par les évolutions technologiques, analyse Xavier Fournet, associé KPMG qui a participé à la réalisation de l’étude.

Il devient possible de baisser ses coûts tout en proposant une prestation plus adaptée au client, prêt à payer plus cher pour ça. »

Le BIM, nerf de la guerre.

Au premier rang de ces évolutions, nous trouvons bien entendu la maquette numérique que 68 % des structures interrogées (entreprises de construction, ingénieurs, maîtres d’ouvrage) utilisent déjà dans la majorité de leurs projets. « Elles investissent massivement sur le Building Information Modeling (BIM) pour avoir la main dessus, ne pas dépendre d’autres acteurs, décrypte Xavier Fournet. Celui qui a la main sur le BIM donne le tempo du projet. » Les architectes sont aussi sur les rangs. Pour Philippe Bonnave, P-DG de Bouygues Construction interrogé par KPMG, la maquette numérique fait basculer les enjeux du projet en amont, lors de la phase conception. « Tout l’enjeu consistera à disposer au plus tôt d’une photographie la plus claire possible de ce que l’on a à construire », explique Xavier Fournet.

68 % utilisent très régulièrement le BIM. 42 % ont recours aux drônes.

Les entreprises confrontées à des projets plus complexes.

Ce défi arrive au moment même où les délais de construction se resserrent et où les projets deviennent plus importants et plus complexes. « Dans la construction d’un centre commercial, il fut un temps où la partie la plus complexe était la réalisation de la structure du bâtiment. Aujourd’hui, il faut ajouter un parking, des ascenseurs, des escalators, ou encore une infrastructure réseau », observent les auteurs de l’étude.

30 % utilisent des puces RFID. 30 % ont recours à la robotique.

Cette complexification pèse davantage sur les entreprises que sur les donneurs d’ordres (v o i r g raphi qu e c i- d esso u s ) . Mais l’intérêt, pour ces dernières, est de parvenir à utiliser les outils numériques pour mieux gérer et prévoir ces risques. Ce qui leur permettra de revaloriser leurs prix et de dégager de la marge. « Quand les grands groupes disent qu’ils investissent dans le numérique, ce n’est pas que de la communication, explique Xavier Fournet. S’ils ne le font pas, ils sortent du marché. » Malgré tout, le secteur de la construction ne remplira pas ces objectifs d’efficacité uniquement par l’innovation. Il restera très dépendant de la compétence de la main-d’œuvre d’une part, et de l’importance d’un bon management de projet d’autre part. « Il est surprenant de voir à quel point il est fréquent que des équipes de projet expérimentées ignorent des signaux d’alarme montrant que la planification des opérations est inachevée. Ils avancent vers la phase d’exécution alors que de sérieux problèmes n’ont pas été résolus », pointent les auteurs de l’étude, évoquant pour le secteur l’existence d’une « considérable marge de progression » dans ce domaine.

( 1 ) Etude réalisée à la mi-2016, dans le monde entier, auprès de 218 professionnels de la filière (maîtres d’ouvrage, entreprises de construction et d’ingénierie).

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