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Les gigadonnées explosent dans la construction

Conflits d’informations ou opportunité de nouveaux services, la gestion des données pose de nouvelles questions.

Enveloppe, thermostat, accès, éclairage… la plupart des équipements du bâtiment se dotent de connexions web, assurant leur pilotage via Internet depuis une tablette ou un smartphone. La toiture végétalisée hydroactive Le Prieuré – primée à Batimat 2015 – en témoigne : elle intègre un suivi en temps réel des performances, avec un pilotage prévisionnel. De même, les offres de chaudières et ballons d’eau chaude connectés (ELM Leblanc, Viessmann, Vaillant…) ou de thermostats sans fil (Netatmo, Nest, Ogga, Qivivo…) explosent. La multiplication des informations enregistrées avec ces objets liés au web confronte les acteurs du bâtiment à deux nouvelles problématiques.

Intelligence artificielle contextuelle.

La première est liée aux conflits potentiels générés par des équipements redondants. Comment, par exemple, réagira une prise électrique intelligente, commandée à la fois par un détecteur de présence, une horloge régulatrice et un capteur de luminosité, lorsqu’elle sera actionnée depuis un téléphone ? De même, les thermostats connectés – qui promettent des économies de 15 à 25 % – n’entreront-ils pas en conflit avec le régulateur intelligent d’une chaudière moderne ou d’une pompe à chaleur ? La solution se trouve sans doute dans les nouveaux logiciels d’intelligence artificielle contextuelle (IAC). Lancée fin 2015, l’application française Snips Day pour smartphone (Android ou Ios) est une première étape. A terme, cette interface intuitive triera les informations les plus pertinentes, dans un contexte donné, pour faire le bon choix, comme commencent à le faire Now de Google, Siri d’Apple, Aviate de Yahoo ou Cortana de Microsoft.

La seconde problématique est liée aux gigantesques volumes de données qui sont enregistrés (big data). Chaque fois qu’il capte une information, l’objet connecté la transmet à un opérateur, chauffagiste, électricien, société de surveillance/sécurité, gestionnaire du bâtiment, qui la stocke dans un datacenter. Date et heure, type de détection, vidéo, température/humidité, météo, paramétrage personnel : tous les détails sont mémorisés. Pour les professionnels du bâtiment, c’est l’opportunité de proposer des prestations novatrices, en suivi préventif du chauffage, de la climatisation, de l’éclairage, de la surveillance. Consolidées et anonymisées, ces données pourront aussi être revendues à des tiers, afin de commercialiser d’autres services sur les habitudes de vie des occupants pour les aider à réaliser des économies et optimiser les fonctionnements. Nest ou Qivivo, entre autres, ne s’en cachent pas et se préparent à commercialiser des diagnostics énergétiques comparatifs, par exemple. Mieux encore : « dans son projet de loi pour une république numérique, le gouvernement veut favoriser cette ouverture aux professionnels de la construction, en imposant aux organismes publics et sociaux la diffusion en ligne de leurs données », met en avant l’avocat Antoine Chéron, spécialisé dans les données et les technologies de l’information. Le but : autoriser leur réutilisation par un tiers, à titre gratuit, et à d’autres fins que celles pour lesquelles elles ont été initialement collectées. Aux professionnels de la construction de trouver ces nouveaux marchés.

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