Actu NICOLAS BOUZOU, fondateur du cabinet de conseil Asterès

« Les espaces verts, ça rapporte ! »

Mots clés : Aménagements extérieurs - Gestion de l'entreprise

Pour les 10 ans du cabinet de conseil en stratégies économiques Asterès qu’il a fondé en 2006, Nicolas Bouzou s’est offert la place de prophète du bonheur sur la scène du paysage, invitant les congressistes de l’Unep, en octobre dernier, à « aimer le futur ». L’étude sur la rentabilité des espaces verts, livrée au printemps 2016, conforte son message optimiste, et une récente commande de Val’hor place le consultant au service de l’ensemble de la filière.

Pourquoi Asterès a-t-il répondu aux commandes des entreprises du paysage en 2016, puis de l’interprofession du végétal cette année ?

L’économie doit servir à quelque chose : je me définis plus comme un courtier que comme un chercheur ou un enseignant, même si je donne quelques cours. Cette ligne directrice s’applique de deux manières chez Asterès : la plus connue concerne le conseil dans les politiques publiques de l’État et surtout des collectivités locales, en quête de leviers de croissance créateurs d’emplois. Mais nous conseillons aussi le secteur privé, domaine que beaucoup imaginent réservé à des consultant s internationaux. L a commande de l’Unep se situe au carrefour entre les deux, puisqu’il s’agissait de démontrer aux collectivités locales la rentabilité de leurs espaces verts. Celle de Val’hor, plus large, intéresse l’avenir de toute la filière, y compris dans sa dimension B to C (1). Elle servira notamment à guider les investissements en marketing, dont certains n’ont pas produit l’impact attendu.

Quelles leçons principales retenez-vous de votre travail pour l’Unep ?

Les élus locaux souffrent de myopie face à leurs espaces verts, qui restent en dehors de leur champ de vision économique. L’esthétique et les attentes des populations restent les seuls motifs de leurs projets, ce qui entraîne un sous-investissement. La valorisation des externalités positives se heurte à un obstacle de taille : personne ne paye ce service, contrairement à celui d’une piscine, dont le gestionnaire identifie et comptabilise facilement sa clientèle. On ne sait rien des parcs, sauf qu’ils coûtent. Or ils rapportent, et pas seulement à vos lecteurs !

D’autres acteurs, comme le lobby du patrimoine, tiennent depuis longtemps ce discours, avec un succès mitigé…

Jusqu’à la publication de notre étude, les entreprises du paysage ne pouvaient pas entrer dans ce débat à armes égales. Nous avons scanné les travaux existants sur ce sujet dans le monde, et adapté les résultats à la France, peu coutumière de cette culture de la valorisation des externalités, très répandue dans les pays anglo-saxons.

Les espaces verts restent en dehors du champ de vision économique des élus locaux : seules l’esthétique et les attentes des populations motivent les...

Vous lisez un article de la revue Paysage n° 396 du 23/12/2016
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