enjeux

Les EPL déploient leurs ailes

Mots clés : Economie mixte - Etat et collectivités locales

Les entreprises publiques locales étendent leur champ d’action et affirment leur impact sur le tissu économique.

Elles sont attributaires de 11 100 contrats de commande publique locale. Sur le papier, les 1 243 entreprises publiques locales (EPL), qui se déclinent en sociétés d’économie mixte (SEM), sociétés publiques locales (SPL) et SEM à opération unique (Semop), se sont imposées comme des acteurs incontournables dans la boîte à outils des communes, intercommunalités ou régions. Mais face à un contexte de diète budgétaire prolongée des collectivités et de réorganisation territoriale, la Fédération des EPL (FedEpl) a éprouvé la nécessité de réaffirmer les atouts de son modèle. L’offensive a commencé fin mars.

Au cœur des écosystèmes productifs locaux. La FedEpl a alors dévoilé les résultats d’une étude menée avec le Crédit coopératif, mesurant l’impact de ces structures sur d’emploi et la création de richesse. « Les EPL ont une forte empreinte socio-économique sur leurs territoires d’implantation », résume Jacques Chiron, président de la FedEpl. Un constat qu’il étaie par des chiffres : les EPL, qui sont attributaires de 5,6 Mds € de marché en valeur en 2015, en ont attribué à leur tour pour 3,7 Mds € à près de 35 000 entreprises privées. « Les EPL sont donc au cœur des écosystèmes productifs dans les territoires. En plus de leur activité directe, elles créent de la valeur pour les PME locales, appuie Jacques Chiron. Si les EPL emploient directement 50 000 personnes, nous estimons que leur activité induit 276 000 emplois. »

Au-delà des chiffres, les zélateurs des EPL mettent aussi l’accent sur l’élargissement des périmètres de compétences, selon les besoins des collectivités. Aujourd’hui encore, ce sont en majorité (60 % environ) les entreprises publiques locales qui interviennent sur des opérations d’aménagement (conduite d’opérations, assistance à maîtrise d’ouvrage, etc. ) et dans l’immobilier, en qualité de bailleurs sociaux notamment.

Des TPE qui vont devoir grandir. « A de nouveaux besoins correspondent de nouvelles solutions, souligne Benjamin Colin, responsable de marché au Crédit coopératif. C’est notamment le cas des maisons médicales, qui constituent la réponse des collectivités aux carences en professionnels de santé. » Pour ces opérations, la SEM finance par exemple le portage immobilier, la construction et l’aménagement de ces établissements. D’autres compétences émergent, relève Benjamin Colin, à l’image de réseaux de géothermie, souvent portés en SPL. Maison pour seniors, traitement des déchets, développement des énergies renouvelables, bâtiment-pépinière de start-up… La liste s’allonge.

Et cela pourrait bien avoir des conséquences sur la taille des EPL, qui sont à 53 % des TPE. Pour faire face aux besoins des clients publics, qui couvrent plusieurs domaines, certaines EPL ont déjà pris un tour de taille supplémentaire pour glisser ainsi vers la PME (45 %) ou l’ETI (2 %).

La fusion est une autre option. « On voit également des créations de groupements d’intérêt économique (GIE) qui rassemblent les fonctions support de plusieurs EPL, à l’image de celui que viennent de lancer la SPL Midi-Pyrénées Construction et la SEM Languedoc Roussillon Aménagement, afin de gérer des chantiers interdépartementaux de plus grande taille », détaille Benjamin Colin. Une agilité dont les EPL veulent faire un atout.

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ENCADRE

11 100 contrats

11 100 contrats de commande publique pour les entreprises publiques locales.

5,6 Mds € de marchés, dont 3,7 Mds € exécutés par des EPL de moins de 50 salariés.

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