Enjeux

Les drones inspectent les ouvrages d’art sans GPS

Mots clés : Ouvrage d'art - Télécommunications

Des solutions existent pour pallier l’absence de signal. Reste à les améliorer.

Réduction des coûts et sécurité obligent, l’inspection des ouvrages d’art sera, à terme, confiée à des drones. Ce tournant se traduit déjà par l’envoi de drones qui cartographient et inspectent les ouvrages d’art de manière autonome. Avec le GPS, leur survol se fait sans qu’un pilote intervienne dès lors qu’il existe un modèle numérique géoréférencé. A défaut, il faut procéder à un géoréférencement de différents points sur l’ouvrage. Les images sont ensuite traitées par des logiciels afin de réaliser une modélisation en 3D. Certains d’entre eux, comme ceux de Redbird, seront ensuite capables de détecter des fissures, de la rouille ou d’autres défauts grâce à des algorithmes d’apprentissage.

Passage du pilotage automatique au mode manuel. Reste que ce type d’inspection se heurte à une difficulté de taille lorsque les signaux GPS font défaut. C’est le cas lorsque le drone se situe sous un pont ou un viaduc. Dans ce cas, le pilote n’a pas d’autre choix que de passer du pilotage automatique au mode manuel, ce qui n’est pas sans risque pour l’appareil. En outre, les images capturées ne permettent pas toujours de produire un modèle 3D précis.

Pour pallier l’absence de signaux GPS, le constructeur de drones Novadem a développé une technologie de positionnement utilisant ses propres balises locales. Idem pour Flying Eye : « Nous reproduisons au sol la triangulation des GPS à l’aide de quatre balises », indique Grégoire Thomas, son président. D’une portée de 400 à 500 mètres, ces balises communiquent par ondes radio avec une carte électronique dédiée embarquée dans n’importe quel appareil volant.

Localiser et cartographier simultanément. Cette alternative au GPS intéressera sûrement la SNCF qui dispose depuis 2013 de sa propre flotte de drones. Pour faire face à l’absence de GPS, la SNCF teste différentes solutions qui peuvent être utilisées seules ou de concert. A commencer par des cibles topographiques à code-barres déjà connues et référencées. Il suffit alors au drone de lire l’identifiant pour se positionner. Autre solution en cours de test, le Simultaneous Localization And Mapping (Slam), une technologie qui consiste à localiser et cartographier simultanément l’ouvrage grâce à des caméras embarquées. Cette technologie est soutenue par plusieurs constructeurs et équipementiers de drones. Comme Skybotix, spécialisé dans les capteurs et logiciels de navigation autonome, ou encore Parrot. Ce dernier vient de lancer un kit de développement baptisé « Slam Dunk ». Dédié aux développeurs, il s’agit d’un boîtier pesant moins de 150 grammes qui intègre un processeur graphique, des algorithmes de Slam ainsi que différents capteurs (caméras, centrale inertielle –Inertial Measurement Unit, IMU -, capteur ultrason, magnétomètre, etc. ). De quoi naviguer de manière autonome et automatique, tout en évitant les obstacles.

Aussi séduisantes soit-elles, ces technologies doivent encore gagner en précision et en fiabilité. Et ce, dans la perspective de faire de l’inspection automatique avec des essaims de drones programmés.

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