Architecture Technique Aménagement intérieur

Les dalles vinyles et textiles recyclées circulent déjà

Mots clés : Dallage - Démarche environnementale - Produits et matériaux

Conscients d’utiliser des produits polluants, les industriels du revêtement de sols ont pris le virage d’une production écologique, intégrant la valorisation des dalles usagées, tout en facilitant leur utilisation.

Louer ses revêtements de sol au lieu de les acheter. L’idée, qui peut paraître saugrenue, participe pourtant à l’essor de l’économie circulaire du secteur. Moyennant un surcoût de 10 % à 15 %, Textifloor, entreprise innovante, fondée en 2013, la met en œuvre chez des gestionnaires d’immeubles de bureaux, dans des hôtels, des magasins ou des agences bancaires telle la Caisse d’Epargne du Nord. Pour ces maîtres d’ouvrage ou exploitants, se libérer des contraintes de pose, d’entretien, de détachage, de shampouinage ou de rénovation des parties abîmées ne constitue pas le seul atout. Un financement sans amortissement, sous forme de location à durée adaptée (maximum six ans), avec des termes ajustables en fonction des besoins est un autre bénéfice de la location. Le dernier point fort du service, proposé en partenariat avec le fabricant Objectflor pour les sols PVC, ou avec Interface pour les dalles textiles, c’est l’image écoresponsable qu’endosse le client en s’assurant que l’élimination de ses sols, en fin de vie, soit non polluante. Car Textifloor intègre des filières de recyclage créées, il y a plus de dix d’ans, par des professionnels de la finition.

Boucle fermée et boucle ouverte.

Depuis le début des années 2000, les fabricants de sols PVC, conscients de la nocivité de l’incinération ou de l’enfouissement de ce produit pétrolier qui risque de se raréfier, ont lancé un programme de valorisation écologique. En 2015, leur production utilise 100 % d’énergie verte et a réduit de 90 % ses émissions de composés organiques volatils, abandonné les phtalates, les formaldéhydes et les composés cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR), limité la consommation d’encres désormais toutes à l’eau. Les plans « Vinyl 2010 » puis « VinylPlus », permettent déjà de recycler plus de la moitié des déchets disponibles et collectables, tout en favorisant une écoconception des produits et de la pose. Forbo, TLM, Objectflor ou Gerflor, entre autres, excellent dans la production de dalles neuves produites avec 100 % de PVC extrait de dalles usagées (boucle fermée). D’autres industriels fabriquent des semelles de chaussure, des tissus, des pots de fleurs, voire des accessoires de mode avec le même PVC recyclé (boucle ouverte). L’atout des fabricants est de récupérer et de traiter directement le PVC usagé, sans forcément passer par un intermédiaire collecteur ou traiteur. Ce n’est pas le cas de la filière textile, où le recyclage est plus difficile et plus long à se mettre en place. Le nylon, ou Polyamide 6, utilisé dans les moquettes, est aussi un produit pétrolier polluant. Il fait l’objet d’un recyclage pour les dalles, depuis 2011, avec le programme Optimum. Cette démarche en boucle ouverte qui aboutit à un combustible alternatif a été initiée par les industries du textile au sein de l’Union professionnelle des métiers de la finition (UPMF). La réutilisation du nylon en boucle fermée est plus complexe. Interface la pratique pourtant depuis quelques années en passant par le réseau national des ressourceries (AIR, ALCG ou TRI) pour assurer la collecte. Les dalles usagées entières sont martelées pour séparer la sous-couche de la fibre. La sous-couche bitume/craie plastifiée est réutilisée directement. La fibre est revendue à Aquafil qui recrée du Polyamide 6 pour produire de nouvelles dalles. Le reste assure le bourrage de matelas neufs. Certes, le prix du nylon recyclé est encore élevé, mais le concept intéresse les acheteurs et Interface vise un modèle d’économie circulaire à 100 % pour ses dalles textiles, d’ici à 2020. Quant aux moquettes en rouleau, il faudra encore attendre : la collecte et surtout le stockage sur chantier s’avèrent encore trop complexes et coûteux pour que les opérateurs y trouvent un intérêt économique réel.

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« Le recyclage valorise les entreprises »

« L’UPMF valorise les métiers des sols souples en mettant en avant les bonnes pratiques, notamment le recyclage des matériaux usagés et l’économie circulaire. C’est actuellement l’un des premiers métiers à décliner la charte « Bâtir avec l’environnement » promue par la FFB. Avec Alain Montourcy, président du Groupe Bangui et membre du bureau de l’Union, nous encourageons les entreprises à pratiquer le recyclage. Nous les incitons à valoriser auprès d’Optimum les dalles textiles usagées, collectées sur les chantiers de rénovation, et les chutes de pose dans le neuf. Il s’agit d’initier une économie circulaire en boucle ouverte en transformant le Polyamide 6 en combustible alternatif. Le surcoût du recyclage par rapport à la mise en décharge ou l’enfouissement n’est pas un frein, mais un geste écologique. En 2014, 110 000 m² de déchets de dalles textiles ont été recyclés ainsi. Certes, nous n’atteignons pas le niveau du secteur des dalles PVC, engagé plus tôt dans le recyclage. »

Marc Ciolfi, président de l’Union professionnelle des métiers de la finition – Fédération française du bâtiment (UPMF-FFB)

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