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Les coordonnateurs BIM ne sont pas des informaticiens

Mots clés : Architecte - Logiciels - Outils d'aide

En agences, la quasi-totalité des BIM managers sont des architectes. En entreprises, les profils sont plus variés.

Jacques Lévy-Bencheton est l’un des plus anciens praticiens du BIM (Building information modeling) en France. Dès le début des années 2000, cet architecte, associé de l’agence Brunet Saunier, passionné d’informatique, a suivi l’avancée de ce nouveau modèle numérique d’information pour la construction. Il encadre et conseille en interne d’autres architectes « référents BIM » sur les projets de l’entreprise, qui compte une trentaine de personnes. À ce titre c’est l’un des BIM managers les plus expérimentés, comme en témoigne le BIM d’Argent attribué fin 2015 à l’agence Brunet Saunier pour la conduite numérique du projet de l’hôpital Limmattal à Zurich (Suisse). Pas de mystère : c’est en amont que le choix du modèle BIM prend racine. Le conduire nécessite d’instaurer une organisation et des responsabilités différentes. Le recours à un BIM manager, ou coordonnateur BIM, est alors capital. Véritable chef d’orchestre, il suit l’implantation de la démarche et assure le lien entre participants internes et externes. Son rôle consiste à mettre au point une charte, à normaliser les échanges d’informations, à faire les choix technologiques, à bâtir les catalogues, et… à gérer tous les problèmes.

Parler le langage de la construction.

Architecte, informaticien, technicien CAO, quel serait alors son profil idéal ? Pour Jacques Lévy-Bencheton, il ne peut être qu’architecte ou ingénieur BTP. « C’est le plus efficace et le mieux adapté aux besoins : il comprend le métier, parle le langage de la construction, connaît les difficultés relationnelles entre intervenants, ainsi que les problèmes conceptuels et techniques d’un projet. » Ségolène Paquier, architecte et chef d’agence chez Fèvre et Gaucher (20 personnes), est du même avis : « Il doit décider des modifications de la maquette numérique, et donc faire des choix architecturaux. Il doit être capable de voir si ces modifications impactent l’architecture. » À ses yeux le bon BIM manager maîtrise les logiciels et le suivi du chantier, deux spécialités rarement réunies. À ce jour, Fèvre et Gaucher n’a pas embauché de BIM manager : « il nous semble plus judicieux que le chef de projet remplisse ce rôle ». D’autres agences, elles, préfèrent sous-traiter la fonction à des spécialistes, comme MBA-Ingénierie ou Atelier Nomades Architectures, voire le CSTB ou des spécialistes du support logiciel, comme Man and Machine. Mais jamais à des informaticiens de formation. Même si Zbig Kulawik, BIM manager chez Farah Architectes associés AART (Atelier d’architecture, recherche et technologies), se présente en tant que directeur informatique, il est d’abord diplômé de l’école d’architecture de Paris-Conflans, aujourd’hui Paris-Val-de-Seine.

Côté réalisation, les grandes entreprises de construction ou d’ingénierie préfèrent faire évoluer le métier de CAO manager ou embaucher des jeunes issus du BTP. C’est le cas de Xavier Pichetti chez Bouygues Construction, titulaire d’un IUP en Génie civil et formé à la CAO/BIM. Ou de Christophe Kopec chez I-Tech (groupe Vinci Construction), autodidacte, titulaire d’une licence de droit et d’un BTS en charpente métallique, surtout passionné du clavier. Car pour Caroline Reminy, directrice de I-Tech, « seule compte la motivation pour innover et aider l’entreprise à utiliser tous les atouts du BIM ». Et surtout l’expérience, comme en témoigne Jacques Lévy-Bencheton.

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