Territoires Pas-de-Calais

Les Carrières du Boulonnais mettent le cap sur la Manche

En 2011, Carrières du Boulonnais (CB) et DBM, filiale du groupe belge de dragage et génie maritime Deme, ouvraient sur le port de Boulogne-sur-Mer une plate-forme d’import-export. En 2015, celle-ci se dotait d’une installation de traitement du tout-venant marin, afin de proposer de nouveaux granulats pour la construction régionale. Encore en phase de mise en route, cette activité vient de dépasser le rythme annuel de 150 000 tonnes. « Nous avons l’ambition d’atteindre la capacité maximale de 600 000 tonnes en quatre ans », annonce Vincent Amossé, directeur général adjoint de la filière Granulats du groupe CB.

Si, en Normandie, l’utilisation de granulats marins pour le BTP est courante, ça n’est pas le cas dans le nord de la France, où le calcaire règne encore en maître. Mais les ressources terrestres se réduisent. Disposant encore de plus de cent ans de réserves, Carrières du Boulonnais n’extrait d’ailleurs plus qu’une partie du tonnage autorisé, soit 6 millions de tonnes de matériaux par an (sable, gravillon, castine, pierre à chaux, enrochement). A noter que CB vient de recevoir le Grand Prix national du concours « développement durable » de l’Union nationale des producteurs de granulats (UNPG) pour son site de Ferques (Pas-de-Calais). Au-delà d’ouvrir une vraie piste de diversification pour CB (100 millions d’euros de chiffre d’affaires, 250 collaborateurs), son activité sur le port de Boulogne présente en outre l’avantage de réduire considérablement le nombre de camions sur les routes.

Une obligation de draguer la Manche.

D’aucuns s’inquiéteront néanmoins des conséquences sur des fonds marins déjà bien mal en point mais Vincent Amossé se veut rassurant : « On ne drague pas n’importe où. Qu’ils se situent au large du Benelux ou dans l’estuaire de la Tamise, les gisements font l’objet d’autorisations strictes comme pour les carrières terrestres. Et puis, de toute façon, il faut savoir que draguer en Manche est une obligation. D’énormes bancs de sable s’y forment sous l’effet des courants, qui, sans intervention, finiraient par entraver le trafic. » Le dragage et le transport s’effectuent avec des dragues aspiratrices. Ces navires d’une capacité de 10 000 tonnes sont en mesure de drainer et décharger par leurs propres moyens les granulats secs au port de destination. S’ils ne sont pas appropriés pour des bétons techniques, les granulats marins présentent d’autres qualités : une faculté à se fondre dans les moules de fabrication, une excellente résistance et un aspect très lisse des parements puisqu’il est possible d’atteindre une granulométrie très fine. Ce béton d’origine marine est utilisé sur le chantier de rénovation de l’hôtel de ville du Touquet, un bâtiment classé au titre des Monuments historiques.

L’ouverture sur la mer des Carrières du Boulonnais offre, par ailleurs, une bouffée d’oxygène à un port placé sous assistance respiratoire par la région. « Boulogne-sur-Mer bénéficie d’une localisation stratégique, à la fois au cœur du marché européen des sables et graviers marins et au centre des gisements de la Manche », souligne Tom Janssens, directeur général de DBM.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X