Enjeux Recrutement

Les candidats font monter les enchères

Mots clés : Monde du Travail - Travail

Avec la reprise, le marché de l’emploi dans la construction se tend, en particulier en Ile-de-France. Les salaires à l’embauche commencent à flamber.

« J’ai déjà été approché trois fois cette semaine pour un entretien d’embauche ! », rapporte Romain (1), conducteur de travaux depuis cinq ans dans une major du BTP. D’abord peu réactif aux sollicitations qu’il reçoit depuis plusieurs mois, il commence à tendre l’oreille. Ses homologues dans d’autres entreprises ne sont pas moins courtisés, car les voyants sont au vert sur le marché du recrutement. Le mouvement de reprise amorcé l’an passé s’accélère, surtout en région parisienne. « Les acteurs de la construction ont le sourire », lance Cyril Lecacheur, directeur adjoint BTP Ile-de-France du cabinet Hays. Une situation qui, pour le consultant, doit beaucoup aux projets du Nouveau Grand Paris (2) [lire page 15] et qui, grâce à la perspective des Jeux olympiques de 2024, a toutes les raisons de perdurer. Céline Bagur, manager au sein du cabinet Fed Construction, note « une demande très forte sur les profils cadres en CDI, avec désormais très peu d’intérim et de CDD ». Les employeurs ciblent des profils de conducteur de travaux, d’ingénieur études de prix, de dessinateur projeteur, de métreur, de chargé d’affaires et de chef de projets. « Nous disposons cette année d’une visibilité sur nos carnets de commandes comme nous n’en avions pas connu depuis cinq ou six ans », illustre Guillaume Beghin, DRH du groupe Legendre (1 650 collaborateurs). Près de 200 cadres et Etam (employés, techniciens et agents de maîtrise) en études et en travaux – dont la moitié en Ile-de-France – auront rejoint l’entreprise d’ici à la fin décembre, contre 155 en 2016.

« Les cadres changent d’emploi pour une hausse de salaire de 10 à 15 %. » Jérôme Pavillard, Razel Bec

« La reprise des recrutements a d’abord concerné les grands groupes l’année dernière, puis les PME, discrètes jusque-là, leur ont emboîté le pas », précise Anaïs Mathy, manager exécutif chargée du pôle immobilier et construction chez Michael Page. Hervé SA, à Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines (240 salariés), projette par exemple de renforcer ses équipes, avant la fin de l’année, avec une quinzaine de conducteurs de travaux forts de cinq à sept ans d’expérience. Même dynamique du côté des bureaux d’études. « Nous passerons de 650 recrutements l’année dernière à 800 au total pour 2017 en France et à l’international, et nous envisageons la même trajectoire l’an prochain », chiffre Thierry Lassalle, DRH d’Artelia (4 200 salariés). L’ingénieriste recherche avant tout des profils confirmés, notamment des responsables de mission, des directeurs projets, ainsi que des profils d’experts dans les domaines ferroviaires, de l’électricité ou encore du génie civil. Les juniors ne sont cependant pas en reste. « Afin d’éviter des creux dans la...

Vous lisez un article de la revue Moniteur n° 5944 du 13/10/2017
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