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Les bâtisseurs plongent dans la troisième dimension

Mots clés : Entreprise du BTP - Logiciels - Outils d'aide

A l’heure du BIM, les salles immersives se multiplient. Elles aident à communiquer, à concevoir et à se former sur les projets.

Cinq salles immersives sont déjà accessibles aux acteurs de la construction : Le Corbusier au Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) à Sophia Antipolis (Alpes-Maritimes), Callisto à la Cité des sciences et de l’industrie à Paris, Arcas-BIM Lab – réservée aux sociétés Bouygues – à Guyancourt (Yvelines), l’Espace construction virtuelle (ECV) chez Domolandes à Saint-Geours-de-Maremne (Landes) et Presage au Commissariat à l’énergie atomique (CEA) à Marcoule (Gard). Equipés d’écrans géants, de puissants vidéoprojecteurs et dotés d’ordinateurs calculant les images en temps réel avec des outils d’animation 3D, ces espaces préfigurent les nouveaux usages de la maquette numérique. Hugo Martin, ingénieur de recherche au département R & D Innovation de Bouygues Bâtiment International, détaille les trois principaux d’entre eux.

La première utilisation – initialement la plus sollicitée – sert la communication et la présentation de projets. Un moyen dynamique pour séduire le client ou le maître d’ouvrage, choisir des matériaux ou des aménagements, simuler un décor ou plus simplement mettre en situation plusieurs points de vue. Cette démarche est devenue courante chez Bouygues.
Un deuxième usage, plus technique, est en plein essor. Il consiste à faire plancher ensemble tous les intervenants d’un projet. La réalité virtuelle devient alors un atout dès la phase d’études, voire aussi pour les plans d’exécution. Architecte, bureau d’études, économiste et ingénieur génie climatique-électricité-plomberie co-configurent alors simultanément la maquette. Ils s’immergent dans les plans en 3D, étudient les volumes, visitent les espaces intérieurs, définissent les circulations, déplacent les réseaux, étudient la transparence ou la lumière. Cette voie de l’ingénierie concourante, qui consiste à partager l’information et la co-conception sur ordinateur, est déjà pratiquée en industrie ou en mécanique.

Une situation quasi réelle.

La troisième utilisation, encore limitée aujourd’hui, couvre les jeux pédagogiques et la formation. Le CSTB s’y intéresse pour former à l’ingénierie concourante. Bouygues vise aussi l’organisation du chantier, pour assurer la sécurité, déterminer où installer les équipements et les protections, ou encore prévoir les circulations et l’organisation. L’aspect immersif place alors la personne dans une situation quasi réelle. Un atout que le bureau d’études Oreka Sud met aussi en œuvre dans la salle Presage du CEA pour simuler les opérations de démantèlement des centrales nucléaires, vérifier leur faisabilité et adapter les scénarios en fonction des contraintes.

Le planning des salles immersives se remplit rapidement, et de nouvelles salles sont prévues. Bouygues vient d’en ouvrir une à Cuba et en prévoit d’autres, tant à l’international que dans ses agences en France. Son département R & D a mis au point un pack complet d’équipement de 12 000 à 50 000 euros. Le CSTB ouvrira à l’été 2016 une salle dans ses locaux à Paris. L’objectif à terme serait de connecter toutes ces salles immersives afin que les acteurs de la construction se retrouvent autour d’un même écran et co-construisent leurs projets, même à distance.

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