Enjeux

« Les architectes doivent travailler en réseau »

Mots clés : Architecte

Régis Chaumont, président de l’Union nationale des syndicats français d’architectes (Unsfa), énonce ses priorités.

Un an après son accession à la tête du principal syndicat d’architectes, le président de l’Union nationale des syndicats français d’architectes (Unsfa) évoque ses priorités pour faire évoluer la profession. Les luttes contre les signatures de complaisance et la banalisation de la condamnation in solidum , ainsi que l’incitation à travailler en réseau constituent les trois points forts de son action.

Vous êtes à mi-mandat de votre présidence de l’Unsfa.

Quelles sont vos priorités pour les architectes ?

J’ai trois priorités. Tout d’abord, je veux lutter contre les signatures de complaisance. L’Unsfa propose que les architectes déclarent à leur Ordre les demandes de permis de construire. Une simple vérification des services instructeurs sur la base de données ainsi constituée permettrait de débusquer les usurpations de titres, détournements de signatures et autres tricheries qui font du tort à la qualité des constructions et à la profession. Ensuite, il faut redéfinir la responsabilité professionnelle. Les architectes ne peuvent être les pompiers permanents en matière de sinistralité. Ils sont trop souvent condamnés in solidum au seul motif qu’ils sont solvables, car solidement épaulés par leur assurance – qui, par ailleurs, leur coûte très cher. Enfin, je veux encourager la création des réseaux professionnels.

Que peuvent apporter les réseaux ?

L’objectif est de développer les réponses pluridisciplinaires dans un environnement réglementaire de plus en plus technique. Particulièrement en matière de rénovation énergétique, sujet sur lequel les petits cabinets sont très attendus. Si l’architecte est le mieux placé pour apporter la réponse sur le confort et les usages, il ne pourra guère le faire désormais sans le concours de spécialistes. Nous devons encourager la création d’équipes facilement reconfigurables, adaptées à la commande. Le BIM, par exemple, nous incite à cette nouvelle manière de travailler en simultané. Les architectes doivent communiquer sur leur domaine d’activité.

Comment allez-vous vous y prendre ?

Nous sommes déterminés. La loi LCAP nous a permis de mesurer la prise de conscience des élus nationaux, députés et sénateurs, sur l’apport de l’architecture. Nous devons les maintenir mobilisés. Nous avons devant nous dix mois, avec les élections primaires, présidentielle et législatives, pour sensibiliser, expliquer et montrer aux candidats le poids capital de l’architecture dans le développement des territoires. C’est le message de Patrick Bloche, rapporteur de la loi LCAP, lors de notre congrès de Biarritz début octobre. Nous allons donc, avec les professions du cadre de vie, poursuivre nos actions d’information.

La semaine dernière, dans une interview au « Moniteur », Emmanuelle Cosse évoquait « le renchérissement et le blocage de projets » en cas de recours obligatoire à l’architecte pour aménager un lotissement de 2 000 m2.

Etes-vous d’accord avec elle ?

Le recours à l’architecte ne constitue pas un surcoût ni une perte de temps. Pas plus pour établir un plan de lotissement que pour projeter un bâtiment. L’intégration dans le site participe à l’harmonie des paysages, à l’optimisation du foncier comme à la valorisation du patrimoine. C’est une démarche à la fois économique, culturelle et environnementale. L’Unsfa se félicite des avancées créées par loi relative à la liberté de création, à l’architecture et au patrimoine (LCAP), dont la préparation a d’ailleurs beaucoup mobilisé ses équipes, mais regrette qu’un seuil soit prévu pour le lotissement. Nous estimons que le recours à l’architecte est indispensable pour apporter cohérence et qualité d’aménagement dès lors qu’il s’agit de toucher au paysage.

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