Enjeux

Les applis citoyennes veillent sur la ville

Mots clés : Délinquance

Paris demande aux mobinautes de l’aider à lutter contre les incivilités. Elle reprend une idée utilisée avec succès par une centaine de villes.

Demander aux citoyens de participer à la préservation et à l’entretien de l’espace urbain. Anne Hidalgo vient de faire sienne cette idée en déclarant ouverte la chasse aux incivilités et aux dégradations. La maire de Paris veut relancer l’appli mobile DansMaRue, qui permet aux citoyens de localiser, photographier et décrire en temps réel les problèmes de propreté, de dégradation ou d’entretien des rues de la capitale. Initiée en 2013 et jamais mise à jour depuis, elle était restée expérimentale. Elle devait pourtant fournir un sérieux appui aux services techniques de la Ville, afin de localiser les problèmes de propreté (objets abandonnés, graffitis, dégradations… ), d’entretien (défaut d’éclairage ou de signalisation, gêne à la circulation… ) ou même pour les informer des problèmes de sécurité, de saleté ou de dangerosité des chantiers du BTP, grâce à une catégorie dédiée. Mais l’application n’a pas été intégrée aux canaux habituels de signalement à la Mairie que sont le web, le téléphone ou le courrier. Par ailleurs, craignait la capitale, faciliter le signalement par la population ne risquerait-il pas de provoquer un afflux des demandes et d’alourdir ainsi la charge de travail des services ? « Non ! », répondent Rennes et Cannes, deux villes qui ont développé et lancé leurs propres applis en septembre 2015. La première, RenCitéZen, qui propose une cinquantaine de catégories d’incivilités ou d’entretien, enregistre près de 1 300 signalements par an. Tous sont envoyés aux services concernés qui interviennent sous douze jours en moyenne.

Anne Hidalgo veut relancer DansMaRue, pour signaler les problèmes en temps réel.

Interventions au jour le jour. La seconde application, Cannes Civique, se limite à huit incivilités sur la voie publique. « La ville est mieux surveillée et les dégradations se voient moins, car elles sont traitées plus vite », note Yann-Vari Lecuyer, directeur général adjoint des services. Ici, le nombre de demandes est stable, entre 200 et 300 par mois, soit 10 % des signalisations totales. Les interventions sont réalisées au jour le jour et il y a peu d’incidents. Les faux signalements restent rares ou sont le fait d’erreurs de saisie. Bientôt, la carte des incivilités établie par la mairie mettra en évidence les « points chauds » à mieux surveiller.

Dans ces deux cas, l’appli participative citoyenne est un progrès, apprécié autant des habitants que de l’administration locale pour améliorer le cadre urbain. Alors pourquoi s’en priver ? Une centaine d’autres villes ont déjà rejoint ces précurseurs. Avec leurs propres applis comme à Asnières (Hauts-de-Seine) avec Net’Asnières, Arnouville (Val-d’Oise) avec ArnouSignal, ou encore Marseille (Bouches-du-Rhône) avec Engagés au quotidien. Ou via une plate-forme commune de type TellMyCity comme le font Argenteuil (Val-d’Oise), Fontainebleau (Seine-et-Marne) ou, plus récemment, Bischheim (Bas-Rhin) et Palaiseau (Essonne).

Dans tous les cas, l’efficacité ne dépend pas du type d’application ou de la technologie, mais de la capacité des services municipaux à suivre en temps réel et à intervenir systématiquement sur tous les signalements. Davantage un problème d’organisation que d’informatique.

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