Architecture Technique Téléphonie mobile

Les applications se professionnalisent

Mots clés : Domotique - Logiciels - Outils d'aide - Télécommunications

Le succès des logiciels pour téléphone portable ne se limite plus à la domotique. D’autres secteurs y ont recours.

Nul doute que le téléphone portable sera l’une des vedettes de cette nouvelle édition d’Interclima + Elec. Il s’apparente de plus en plus à une télécommande universelle capable de contrôler les moindres équipements de l’habitat individuel. Toutefois, l’extension de ses fonctions ne se borne pas à proposer de nouveaux services au grand public. Les interfaces créées par les fabricants de mobiles sont aujourd’hui maîtrisées par une majorité de la population. Elles offrent un socle idéal aux industriels pour développer des outils informatiques à l’attention des techniciens de tous horizons. Depuis deux ans, les applications professionnelles commencent à apparaître sur les plates-formes de téléchargement et s’émancipent progressivement des archétypes du genre. Certaines inventent même de nouveaux usages.

La majorité de ces logiciels appartiennent encore à la catégorie des bibliothèques. Ils rassemblent des informations dispersées et les présentent sous des formes facilement intelligibles. L’utilisateur évite ainsi de se perdre dans les méandres d’un site Internet à la recherche du document adéquat. « Quand un installateur est sur le terrain, il a besoin de réponses rapidement », observe Thierry Aubert, responsable technique de la division Chauffage de Danfoss. Le spécialiste danois du génie climatique a ainsi conçu Installer App, mise à jour régulièrement depuis avril 2012. Les chauffagistes y trouvent des liens vers des vidéos d’installation et des schémas de montage. Ils peuvent en outre estimer en quelques mouvements du doigt les économies d’énergie générées par la pose de produits de la firme. « Nous avons aussi numérisé la réglette nécessaire aux ajustements des vannes d’équilibrage du réseau de chauffage », souligne Thierry Aubert.

Le portable remplace l’écran.

Si la vanne en question se révèle être une VAV-Compact NFC de la société Belimo (hall 3 – stand F102), le professionnel ne lâchera pas son téléphone. Il l’approchera à quelques centimètres du boîtier de contrôle. Les deux appareils, équipés de périphérique de communication en champ proche (CCP, ou NFC en anglais), peuvent échanger des données par l’intermédiaire d’ondes radio. A partir de l’application Belimo Assistant, il est alors possible de régler des débits de l’équipement. C’est là le second intérêt du téléphone portable. Ce terminal perfectionné d’émission et de réception d’information peut se substituer à n’importe quel écran fixe.

Le constructeur d’instruments de mesure Testo (hall 1, stand G20) suit aussi cette direction. En avril dernier, l’industriel a mis sur le marché deux manomètres destinés à évaluer la pression des fluides frigorifiques, dont les analyses peuvent s’afficher sur un mobile via une connexion Bluetooth. Un balomètre, qui mesure les débits d’air, au fonctionnement similaire, a suivi en juillet. « Le marché est relativement mûr pour ces usages, juge Christophe Heil, directeur marketing de Testo France. L’interface tactile simplifie la lecture. Par ailleurs, la mise à jour des programmes s’effectue par l’intermédiaire de la plate-forme de téléchargement, sans intervention du fabricant. »

Consultation à distance.

A cette facilité d’emploi s’ajoute la possibilité d’éditer des rapports selon des modèles enregistrés et de les envoyer par courriel. Il faut néanmoins informer les utilisateurs de toutes les fonctionnalités. « L’un de nos clients a installé son balomètre trop en hauteur et ne parvenait pas à voir l’écran. Quand il m’a appelé, je l’ai informé qu’il pouvait le consulter à distance avec l’application, ce qu’il ignorait », relate Christophe Heil. Testo pousse désormais l’expérience jusqu’à supprimer tout écran fixe. La firme présentera sur le salon un nouvel analyseur de fumée sans affichage intégré au produit. La lecture des résultats s’effectuera uniquement avec un téléphone.

Si ces logiciels de contrôle facilitent les interactions entre l’homme et la machine, ils ne représentent pas une réelle innovation technique, mais le transfert d’un média vers un autre. L’invention à Interclima + Elec, le visiteur la trouvera au détour du stand E115 du hall 3. Il pourra y essayer l’application Sonolyzer, créée par la société KSB. Le fabricant de pompes a découvert une nouvelle utilité aux portables des hydrauliciens. Placé devant le moteur de n’importe quelle pompe centrifuge à vitesse fixe, il enregistre pendant 20 secondes les bruits de l’engin. A partir de ces sons, le logiciel estime le débit d’eau pompé. « Après une comparaison avec les chiffres théoriques, Sonolyzer indique si l’équipement fonctionne à un régime trop faible par rapport à ses capacités », explique Maxence Lefranc, ingénieur d’affaires au sein de la branche française de KSB. Une pompe surdimensionnée se dégrade en effet plus rapidement et consomme plus d’énergie à débit égal qu’un modèle adapté. Les examens réalisés peuvent être envoyés à un expert de l’entreprise. La firme allemande réfléchit par ailleurs à une plate-forme web où un gestionnaire de site pourrait enregistrer les rapports de fonctionnement de chacune de ses pompes.

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