Réalisation MOBILITÉ

Les aires de stationnement vertes rendent les sols perméables

Mots clés : Stationnement

Grands absents de l’édition 2017 du salon Parkopolis, les enjeux paysagers du stationnement sautent aux yeux.

Alors que la dépénalisation des infractions mobilisera leur attention les 21 et 22 juin à Paris, les professionnels ne peuvent ignorer leur part de responsabilité dans l’imperméabilisation des sols et l’esthétique urbaine.

Sur la rive gauche de l’estuaire de la Seine en aval du pont de Normandie, le chantier d’Honfleur Normandy Outlet offre une double démonstration des mutations en cours dans les fonctions des parkings : la perméabilité et l’insertion paysagère s’ajoutent au stockage des voitures. Comme sous-traitant du lot voirie et réseaux divers ( VRD) détenu par Eiffage, l’entreprise de travaux paysagers Vallois apporte une référence majeure au procédé britannique Grasscrete, dont le nom rassemble deux matériaux clés des parkings engazonnés : l’herbe et le béton. La fabrication des 700 places ajoute un troisième composant : des moules renversés en plastique délimitent le béton. Après la prise, le brûlage de ces moules laisse place à des trous en forme de croix, dans lesquels les jardiniers de l’entreprise normande ont commencé, fin mai, le semis du gazon. « Cela nous laisse le temps de six ou sept tontes avant la mise en service à la Toussaint », calcule Nicolas Cornet, chef de l’agence de l’Estuaire de Vallois, soulagé par la qualité du travail de ses équipes de maçons : « La stabilisation des moules à l’aide de planches en contreplaqué, pendant le coulage, a constitué la phase la plus délicate. »

Se fondre dans la grande échelle

Vallois n’avait rien laissé au hasard : avant le lancement du chantier, des planches d’essai lui avaient permis de prendre en main la technique préconisée par VIAmap’, bureau d’études VRD. Ce choix contribue à répondre à l’exigence posée par le dossier de conformité du projet à la loi sur l’eau : le centre commercial doit échapper aux inondations, même à l’issue d’une pluie centennale d’une durée de huit jours. Les chênes déjà implantés, autour des futures places de stationnement, illustrent une singularité du chantier : les végétaux sont venus avant le béton. Ils ont même précédé Serru, le charpentier métallique du parking en silo mitoyen, dont les élévatrices se frayent difficilement un passage à travers la ceinture de bouleaux qui camouflera l’ouvrage. L’enveloppe verte qui dicte sa loi sur le chantier renvoie au projet de l’architecte Édouard François, accompagné par le paysagiste Jean-Frédéric Gay : « Les Collines d’Honfleur »… Le nom ferait presque oublier les 7 700 m de stationnement et les 20 000 m de surfaces commerciales, fondus dans un dessin où le mail central apparaît comme une faille d’où jaillissent les deux pentes formées par des rangées d’arbres, d’arbustes et de plantes tapissantes. Avant Honfleur, la même équipe normande de Vallois avait fait ses preuves en 2016 dans le parking enherbé de 1 500 places attenant à Aren’ice, siège du Centre national de hockey sur glace à Cergy-Pontoise (Val-d’Oise). En complément du traitement à la chaux dicté par le début d’année pluvieux dans des délais serrés, le drainage de la couche de forme repose sur des ballasts recyclés fournis par la SNCF : « J’ai toujours cru aux qualités de ce matériau », s’enthousiasme François Simon, directeur d’exploitation Haute-Normandie de Vallois.

À Honfleur, la solution Grasscrete contribue à préserver le centre commercial des crues...

Vous lisez un article de la revue Paysage n° 400 du 16/06/2017
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