[TO] Règles techniques Nucléaire

Les aéroréfrigérants auscultés pour durer

La décision de prolonger la durée de vie des centrales nucléaires a comme préalable l’établissement d’un état des lieux des structures de génie civil qui les composent. Parmi les plus symboliques, les tours aéroréfrigérantes, dédiées au refroidissement du circuit secondaire. EDF a lancé fin 2012 et poursuivra jusqu’à mi-2015 une campagne d’auscultation structurelle préventive de 24 de ces 32 ouvrages – quatre ont déjà été inspectés récemment et quatre autres ne sont pas inclus dans ce programme. « L’objectif est de mener cette campagne en un temps réduit, pour obtenir rapidement un premier bilan », explique Elodie Barel, ingénieur génie civil au Centre national d’équipement et de production d’électricité (CNEPE) de la division ingénierie nucléaire d’EDF. Les investigations, réalisées par le Lerm (groupe Setec), laboratoire expert en durabilité des matériaux mandaté par EDF, ne portent ainsi pas sur la totalité de la surface des aéroréfrigérants, mais se concentrent sur quelques zones facilement accessibles.

Dix zones de 2 x 2 m inspectées

Chaque ouvrage est ainsi inspecté sur dix zones de 2 x 2 m situées au niveau des paliers de l’échelle à crinoline qui permet l’accès au sommet. Chacun de ces carrés subit un protocole d’investigation identique. Après une auscultation visuelle, les experts prélèvent une à trois carottes de béton. Les cylindres de béton sont envoyés en laboratoire pour être examinés sous toutes les coutures : résistance mécanique, recherche de formulation du béton, porosité, perméabilité au gaz… Les échantillons passent même sous l’œil de lynx du microscope électronique à balayage, qui peut détecter l’éventuelle présence de pathologies telle l’alcali-réaction ou la réaction sulfatique interne.
Pour réaliser un diagnostic complet, les armatures sont analysées elles aussi. Le Lerm met en œuvre des techniques de diagnostic non destructives. « L’objectif est de déterminer le degré de corrosion de l’acier », explique Thibault Sevenet, expert du Lerm. A cette fin, les diagnostiqueurs réalisent des mesures d’enrobage au radar et des mesures de profondeur de carbonatation, puis déploient un faisceau de trois mesures complémentaires – potentiel électrique de corrosion, vitesse de corrosion, et résistivité du béton. Le bilan intermédiaire portant sur les dix tours inspectées en 2013, première année de la campagne, est positif. « Sur les zones et échantillons que nous avons fait analyser, l’état structurel du béton armé est satisfaisant », explique Elodie Barel. Une fois que les 24 ouvrages auront été inspectés, les tours qui le nécessiteront feront, en 2015, l’objet d’une seconde campagne d’investigation élargie à un champ d’échantillonnages plus étendu. Objectif : identifier au plus tôt les travaux nécessaires pour permettre une durée de fonctionnement des centrales nucléaires au-delà de 40 ans.

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ENCADRE

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : EDF Division production nucléaire (DPN). Maîtrise d’œuvre : EDF Division de l’ingénierie nucléaire (DIN), Centre national d’équipement et de production d’électricité (CNEPE). Investigations : Lerm (groupe Setec), Can Industries (sous-traitant travail en hauteur).

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