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LES ABSTRACTIONS JOYEUSES DE NENDO

Mots clés : Architecture intérieure - Innovations

La magie immersive du collectif japonais Nendo opère, pour la première rétrospective en Europe que lui consacre le Centre d’innovation et de design au Grand-Hornu, en Belgique. Dans la majesté des salles, les objets de l’exposition « Invisible Outlines » se dérobent, emportant avec eux les idées reçues.

Dans quelles proportions Oki Sato, fondateur et directeur artistique du collectif Nendo – qui signifie « pâte à modeler » en japonais -, est-il plus dessinateur que poète, plus concepteur qu’illusionniste ?

La question se pose lorsque l’on déambule dans l’exposition rétrospective « Invisible Outlines » du CID, au Grand-Hornu en Belgique.

Car l’architecte diplômé de l’université Waseda à Tokyo y affirme avec humour sa maîtrise de la matière à travers une capacité à figurer l’imperceptible. Le visiteur entre dans l’esprit du collectif sans intermédiaire, grâce à 200 objets exposés en musique. L’atmosphère de l’exposition s’appuie en effet sur un univers sonore très présent qui définit chaque salle du parcours, invite au silence et à l’observation. La perception se trouve au cœur de l’expérience proposée.

Cette dernière se base sur l’idée que « le contour » est un mode d’appréhension des objets qui fonde la distinction entre intérieur et extérieur. Le niveau de netteté ou de trouble de cette limite joue un rôle clé sur le conscient et l’inconscient de l’individu.

De cette riche rétrospective émane une grâce poétique, fruit d’une précision scénographique extrême. Marie Pok, la directrice du CID, précise qu’une équipe a été mandatée du Japon pour calculer – au centimètre près – l’emplacement des objets en fonction de l’éclairage, afin d’obtenir, ici, une ombre particulière, là, un effet optique.

A chaque instant, il s’agit de créer le contexte pour guider le regard et procurer une émotion. Les projections prolongent les silhouettes des objets, rehaussent ou estompent leur dessin, créent le doute sur leurs frontières, chahutent l’œil et le cerveau du spectateur. Le trouble est posé comme un principe doux et agréable, car Oki Sato ne cherche pas à concevoir des formes ou des couleurs, mais il s’attache à faire qu’un objet A crée un effet B, à faire surgir...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 262 du 14/09/2017
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