Evénement

LES 22 ÉCOLES D’ARCHITECTURE FRANÇAISES AU BANC D’ESSAI

Mots clés : Apprentissages - Architecture - Monde du Travail

Comment se repérer dans l’offre de formation en architecture en France ? Quels sont les établissements les plus attractifs ? Comment identifier leurs points forts, voire leurs performances, en matière d’insertion professionnelle, ou de prix remportés par leurs anciens élèves ? AMC a mené une enquête inédite auprès des 22 écoles reconnues par l’Etat qui préparent au métier d’architecte(*) .

L’offre de formation en architecture est assurée, dans l’Hexagone, par 22 établissements : les 20 écoles nationales supérieures d’architecture (Ensa), rattachées au ministère de la Culture, auxquelles il faut ajouter une école d’ingénieur, l’institut national des sciences appliquées (Insa) de Strasbourg, et une école privée, l’Ecole spéciale d’architecture (ESA), à Paris. Depuis 2014, il faut également compter le Confluence Institute, école créée à Lyon par Odile Decq, trop récente pour être prise en compte.

Nombre d’étudiants, tous cycles confondus

L’effectif moyen des 20 Ensa s’établit à 1 000 élèves, avec des variations allant de un à quatre entre les plus petites, Clermont-Ferrand, Saint-Etienne et Marne-la-Vallée (600 étudiants environ), et la plus grande, Paris-La Villette (2 200 élèves ). Les établissements qui accueillent le plus grand nombre d’élèves se situent en priorité à Paris (La Villette, Val de Seine, Belleville) et en région parisienne ( Versailles) ; ils sont suivis par ceux de Bordeaux, Marseille, Montpellier et Nantes.

Certaines écoles présentent des spécificités, à l’instar des Ensa Bordeaux et Lille, qui réunissent en leur sein des formations à la fois en architecture et en paysage. L’Ensa Montpellier compte une antenne pédagogique à la Réunion, laquelle accueille 130 étudiants en licence et en master 1. Enfin, plusieurs proposent une double formation architecte et ingénieur, soit directement au sein de l’établissement (Insa de Strasbourg), soit par le biais d’un partenariat avec une école d’ingénieurs (Ensa Nantes et Centrale Nantes, Ensa Marseille et Polytech’ Marseille, Ensa Bretagne et Insa Rennes, etc.).

Des établissements plus ou moins sélectifs

Les bacheliers postulent généralement à l’entrée de plusieurs écoles, ce qui explique des taux d’admission en première année particulièrement bas. Ce critère constitue néanmoins un indicateur d’attractivité des établissements. Selon les chiffres fournis par les écoles, la sélection à l’entrée des Ensa varie sur une échelle de un à sept. Sans surprise, les écoles parisiennes, qui attirent des candidats issus de l’ensemble du territoire national, sont très sélectives, puisqu’elles occupent quatre des six premières places, Paris-Malaquais en tête, avec seulement 100 admis pour 2 777 candidats. Deux écoles de province s’avèrent parti culièrement attractives : les Ensa de Bordeaux et de Lyon.

Martin Chénot, directeur de l’établissement girondin, décèle plusieurs explications à cette forte demande : « L’école propose une formation à la fois en architecture et en paysage. Mais l’image positive du territoire joue également, assure-t-il. Depuis quelques années, Bordeaux est une destination connue pour son dynamisme urbain, sa qualité de vie et son actualité architecturale. » Depuis 2004, la ville accueille d’ailleurs la biennale d’architecture, d’urbanisme et de design Agora.

Concernant le processus de sélection, l’admission à l’entrée des Ensa comporte généralement l’examen des notes de première, de terminale et de l’épreuve du baccalauréat de français. D’une école à l’autre, les matières prises en compte et leur pondération peuvent différer.

Les candidats retenus lors de cette première phase sont convoqués pour un entretien individuel. A Marne-la-Vallée, moins du tiers des candidats ayant postulé (via le site Admission post-bac, APB) sont sélectionnés pour la deuxième phase. « A Paris-Belleville, nous essayons d’avoir une analyse fine du dossier scolaire, et pas seulement arithmétique, témoigne François Brouat, directeur de l’établissement, également président du collège des directeurs d’Ensa. Les dossiers sont étudiés dans leur ensemble par deux professeurs. Et sur les quelque 2 300 candidats, environ 650 sont retenus pour l’audition. » A l’Insa Strasbourg, un concours est ouvert aux étudiants à bac+1 ; il comporte quatre écrits (mathématiques, physique, résumé de texte, illustration) et deux oraux (langue vivante et entretien). Pour pourvoir les 36 places disponibles en 2016, un candidat sur cinq a été retenu.

A l’Ecole spéciale d’architecture – dont le coût élevé de la scolarité réduit le nombre de postulants -, l’admission consiste en un examen composé d’un travail d’observation d’un lieu public et de sa restitution), d’une épreuve graphique et d’un entretien au cours duquel le candidat présente un dossier de travaux personnels (dessins, photographies, peintures, objets en 3D, etc.). Cette même année, sur les 233 postulants, 178 ont été admis (soit près de trois sur quatre).

Des écoles qui attirent au niveau master

Un changement d’établissement n’est pas rare en cours d’étude, notamment à l’entrée en master. Or, si la proximité géographique de l’école par rapport au lieu d’habitation influe souvent sur le choix du premier cycle, celui du second cycle peut être davantage lié à la réputation de l’établissement ou à un projet professionnel spécifique.

L’attractivité des cycles de master (4e et 5e années) peut être évaluée en rapportant le solde des transferts entre écoles au nombre d’inscrits en second cycle. Trois Ensa arrivent en tête : Bordeaux, Marseille et Montpellier, avec plus de 5 % d’inscrits issus d’un autre établissement. En région parisienne, les étudiants privilégient trois écoles situées intra-muros : Belleville, La Villette et Malaquais. L’analyse de ces résultats est à mettre en lien avec l’offre de formation riche et diversifiée de ces établissements au niveau du second cycle, voire des postdiplômes. A titre d’exemple, pour la période 2016-2020, l’Ensa Bordeaux ouvre la structure de ses masters en proposant un choix parmi six ateliers et autant de séminaires pour le premier semestre.

Un enseignant pour 10 étudiants

Bonne surprise : avec un enseignant pour 8 à 10 étudiants, le taux d’encadrement moyen des 22 écoles d’architecture s’avère plus proche de celui observé dans les grandes écoles d’ingénieurs que dans les universités (un enseignant pour 17 étudiants, selon l’OCDE).

Il peut même avoisiner un enseignant pour 5 étudiants dans les Ensa de Toulouse ou de Grenoble. Pour autant, un classement reste difficile à établir en la matière, les...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 262 du 14/09/2017
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