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Les 1 000 premiers bâtisseurs français

Mots clés : Entreprise du BTP

Trois poids lourds, 50 challengers et une foule d’outsiders. Voici le classement de 2015… L’année noire où seuls les attaquants ont su éviter les uppercuts.

C ‘était 2015. Avant la reprise dans le bâtiment, dont les premiers signaux faibles n’ont été détectés qu’au premier trimestre de cette année. Avant aussi la lente et fragile convalescence des travaux publics, qui s’amorce en cette fin 2016 après que le secteur a connu sa pire séquence depuis trente-cinq ans, en 2015 justement. Les nombreuses baisses – parfois à deux chiffres – d’activité dont regorgent les classements que nous vous proposons, en sont un témoignage. Pour la plupart des entreprises donc, 2015 est un millésime à oublier.

Néanmoins certaines sociétés auront réussi à tirer leur épingle du jeu, en continuant à croître alors que beaucoup plongeaient. C’est notamment le cas des entreprises diversifiées, au portefeuille d’activités équilibré ou à la large typologie de clientèle, qui ont pu compenser les pertes qu’elles subissaient d’un côté en consolidant leurs gains de l’autre. C’est aussi le cas de bien des entreprises portées par la vague verte de l’efficacité énergétique. Le lecteur attentif saura s’en persuader en se plongeant dans ces riches tableaux !

NS : Non significatif. Les évolutions de CA 2015/2014 supérieures à 30 % ou -30 % n’ont pas été prises en compte.

NC : Non communiqué. Le CA 2014 n’est pas disponible.

Le classement des 1 000 premières entreprises regroupe tous les corps d’état du bâtiment et des travaux publics. Il mêle aussi les filiales des grands groupes aux entreprises indépendantes, permettant les comparaisons entre concurrents régionaux qui se retrouvent sur le terrain. Le constat principal est qu’à taille et secteur d’activité comparables, les filiales de majors et les indépendants connaissent globalement des évolutions similaires de chiffres d’affaires, tant à la hausse qu’à la baisse.

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« Le numérique devrait accélérer les concentrations »

Quelles tendances le classement fait-il apparaître ?

Le premier constat est que les trois leaders du marché français, Vinci, Bouygues et Eiffage, le sont de très loin ! Le troisième (Eiffage) est deux fois plus gros que le quatrième (Spie), lui-même loin devant le reste des entreprises du classement. Ces écarts importants s’expliquent notamment par le développement à l’international des trois majors qui ont fait de l’export une priorité, ce qui n’est pas encore le cas – hormis pour Spie, et Fayat récemment – des autres entreprises, même si les lignes tendent à bouger.

Derrière les majors, on trouve un peloton d’entreprises de taille intermédiaires (ETI)…

Oui, et l’on constate qu’une majorité de ces ETI possède un actionnariat familial ou salarié, ce qui leur a vraisemblablement permis de mieux résister à la crise traversée ces deux dernières années. Les exigences de rendement à long terme de ce type d’actionnaires sont en adéquation avec les métiers de la construction, qui s’exercent généralement sur des contrats de longue durée. En cumulant les CA, on voit que les 50 premières entreprises indépendantes réalisent 80 % du CA total des 1 000 entreprises classées. Ainsi les ETI constituent, elles, aussi un maillon puissant du marché français du BTP.

Qu’en est-il des PME ?

On le constate dans le classement : le tissu de grosses PME du BTP est très atomisé. Mais il devrait se transformer dans les années à venir avec la diffusion du numérique sous toutes ses formes – BIM, management global de projet, nouvelles technologies (drones, robots… ) – sur les chantiers. Ces innovations vont s’imposer au secteur, et toutes les entreprises devront réaliser de lourds investissements pour recruter, former et acquérir les outils nécessaires. Les majors et les ETI ont déjà amorcé leur transformation. Les PME, de leur côté, vont devoir mettre leurs forces en commun pour rester dans le marché. La généralisation du numérique dans un futur proche va probablement accélérer les concentrations dans le BTP, et nous devrions assister à la création de nouveaux groupes de taille intermédiaire.

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MÉTHODOLOGIE

Les classements de ce dossier recensent les chiffres d’affaires 2015 des entreprises de bâtiment (tous corps d’état confondus) et de travaux publics, ainsi que de leurs filiales.

Ils sont établis selon la méthode suivante : un questionnaire a d’abord été envoyé à 1 200 entreprises en trois vagues (mai, juillet et août 2016). Puis, de septembre à mi-novembre, toutes ces entreprises ont été contactées par téléphone et par e-mail. En cas de non-réponse, les chiffres d’affaires ont été tirés des rapports annuels publiés, ou des données délivrées par Ellisphère, spécialiste de l’information économique. Les chiffres sont livrés à titre indicatif.

Contact : Luc Brié, les10000@groupemoniteur.fr

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NC : Non communiqué. Le CA 2014 n'est pas disponible.

Le classement des 50 premiers groupes de construction et d’infrastructures est sans appel. Les trois majors dominent toujours largement le marché, suivis par quatre entreprises de taille intermédiaires dépassant le milliard d’euros d’activité. Mais ne nous y trompons pas, le BTP reste un secteur atomisé, constitué d’une myriade de PME : les 50 plus grandes entreprises réalisent en effet environ 80 % du chiffre d’affaires global des 1 000 premières !

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