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Le Whitney Museum de Renzo Piano est-il beau ou laid ?

Mots clés : Architecte - Manifestations culturelles - Musées - galerie

Le nouveau bâtiment du célèbre musée new-yorkais, construit par RPBW, n’a pas convaincu l’opinion et les médias américains.

Inauguré à New York en avril dernier par Michelle Obama, le nouveau Whitney Museum a, dans l’ensemble, séduit pour son exposition d’ouverture, « America is hard to see », mais déçu pour son architecture, due au Renzo Piano Building Workshop (RPBW). Le contraire de l’accueil réservé six mois plus tôt à la Fondation Vuitton, à Paris, dont l’écrin de luxe, aussi exubérant que coûteux, a été accusé de détourner l’attention des œuvres exposées (lire AMC n° 237 et n° 241).Le dernier opus new-yorkais du champion des constructeurs de musées (34 dans le monde dont 13 aux États-Unis) pécherait par sa fadeur, voire sa laideur. Après les images navales plus ou moins attendues (sous-marin, brise-glace) ou médicales (laboratoire pharmaceutique, hôpital), d’autres comparaisons moins aimables sont tombées (photocopieur, chaufferie urbaine), le voisinage immédiat d’un dépôt de camions-poubelles suggérant même un incinérateur d’ordures. Bref, c’est un bâtiment « confus » pour le New Yorker, « modeste » pour le New York Times. Vanity Fair s’est réjoui que l’intérieur pardonne l’extérieur, tandis que Le Monde estimait qu’il n’était pas à « 100 % beau », terme que l’on n’ose plus employer en architecture ni en art mais que chacun a néanmoins sur les lèvres. Alors, le nouveau Whitney Museum est-il beau ou laid ?

West Side Story

En s’éloignant de Madison Avenue, site de l’ancien musée, l’architecte comme les responsables du lieu ont affiché une intention architecturale en référence au passé industriel du West Side, lequel est aujourd’hui bien dépassé. Au pied du musée, en effet, il ne reste plus que quelques grossistes en viande et ce dépôt de bennes à ordures. C’est davantage dans les collections du musée qu’il faut chercher les vraies références à l’industrie, par exemple dans les toiles de peintres qui, tels Sheeler et Demuth, ont représenté les usines, silos et barrages typiques du paysage américain. En fait, le nouveau Whitney est une machine à accueillir, expliquer, conserver, restaurer des œuvres d’art qu’il s’agit d’abord de donner à voir. Car Renzo Piano a été le héraut de l’architecture dite high-tech, dont l’un des plus beaux témoignages ne se trouve pas loin de là, sur la 8e avenue : la magnifique tour du New York Times, dont la structure et les brise-soleil en acier sont un pur ...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 246 du 13/11/2015
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