Territoires Bordeaux

Le vin a enfin droit de Cité

La Cité du vin, inaugurée le 31 mai par le président de la République et le maire de Bordeaux Alain Juppé, marque de son empreinte l’entrée fluviale du port de la Lune. En aval du pont levant Chaban-Delmas, elle dresse désormais à 35 m « sa silhouette caractéristique de tore métallique aux reflets moirés », comme la présentent ses concepteurs, XTU Architects. L’architecture de ce projet municipal aura rapidement fait l’unanimité : d’abord du jury, en mai 2011, puis de la profession et des riverains, qui ont vu son profil émerger en bord de Garonne.

Un « tourbillon ».

C’est avant tout un projet « situé », comme le revendique Nicolas Desmazières, de l’agence XTU, co-concepteur de l’édifice avec son associée Anouk Legendre : « Nous avons proposé un bâtiment qui s’enroule en une spirale – le tore métallique bardé de verres sérigraphiés – qui évoque par sa forme le tourbillon du vin dans un verre. A l’intérieur, nous avons privilégié une structure bois apparente constituée de 574 arches cintrées en lamellé-collé à flèche unique, plus une seule à double flèche, qui ont nécessité des heures de conception mais permis une mise en œuvre rapide par la société Arbonis », explique Nicolas Desmazières.

Les parois en écailles de métal et verre sérigraphiés assurent une double peau, partiellement transparente, à vocation thermique et esthétique. « Elles offrent des vues imprenables sur la Garonne depuis les espaces de restauration, les coursives et le restaurant panoramique au sommet de la tour. Les parois assurent également l’obscurité demandée par le scénographe Casson Mann pour son parcours immersif à travers les civilisations du vin », souligne Anouk Legendre.
La cité développe un parcours ascendant autour d’un patio surmonté d’une tour centrale, le belvédère, qui culmine par ses épines à 55 m de hauteur. On retrouvera une scénographie multimédia où l’ouïe, la vue et même l’odorat sont mobilisés, au fil d’un cheminement de 3 000 m2 sous les voûtes boisées, réparti en 22 modules d’expériences interactives, à quoi s’ajoutent un auditorium, trois salles de dégustation et autant d’ateliers pédagogiques, ainsi qu’un restaurant panoramique au sommet.
Les concepteurs du bâtiment ont pris soin de son intégration environnementale, travaillée notamment avec le bureau d’études Le Sommer Environnement : utilisation de bois élaboré en France pour la charpente et le mobilier, ce qui diminue d’autant l’impact carbone, revêtement de sol en caoutchouc naturel, récupération des eaux pluviales dans un bassin sous la cité pour l’arrosage du jardin intérieur et des abords dessinés par le paysagiste Camille Jullien.
Enfin, l’isolation performante et la double peau remplissent une double mission : protéger efficacement du soleil et laisser pénétrer la lumière naturelle, appuyée par un éclairage LED. C’est également un projet réalisé en maquette numérique, notamment pour la conception en 3D des structures, des 2 500 éléments de façade en métal et des 2 235 m2 de verre, tous de forme et courbure différente (verres plans, bombés et à écaille).

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ENCADRE

BET : SNC Lavalin, RFR (façades complexes), Le Sommer Environnement, Camille Jullien (paysagiste), 8’18’’ (éclairage), Peutz (acoustique), Autobus Impérial (signalétique), Roland Cahen (design sonore), Blaise Mautin (design olfactif), Casso & Cie (sécurité), Anthony Hamon (scénographie auditorium). Entreprises : GTM Bâtiment Aquitaine (mandataire), Coveris (vêture), Smac (vêture métallique), Arbonis (charpente bois). Coût global : 81 M€. Surface : 13 000 m2 Shon.

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