Territoires Lille

Le Système d’information géographique (SIG) au cœur d’une métropole 2.0

Le projet politique d’une collectivité territoriale se lit souvent dans son organigramme. Celui de la Métropole européenne de Lille (MEL) fait désormais apparaître un mystérieux pôle PSG. Rien à voir avec le club de foot. Ce PSG-là parle « planification stratégique et gouvernance » et réunit en son sein quatre directions, dont une intitulée Système d’information géographique (SIG). La mise en place d’un tel dispositif est loin d’être anecdotique, le SIG étant généralement « dilué » dans de multiples services. D’aucuns y verront l’influence du président de la MEL, Damien Castelain, géographe de formation. Mais l’explication tient plus subtilement de la mise en phase d’une administration qui opère sa révolution technologique depuis 2010, avec un projet politique dont la priorité est de replacer le citoyen au centre des décisions. Et cela commence par une parfaite connaissance du territoire.

L’analyse au service de la rationalisation.

« L’idée c’est de centraliser les méthodes et de déconcentrer les pratiques, explique Julien Coisne, qui dirige ce service composé d’une cinquantaine d’agents. La MEL dispose d’un patrimoine cartographique très riche, constitué sur plusieurs décennies. Mais jusqu’à présent, nous nous contentions de décrire le territoire. Il n’y avait pas de place pour l’analyse spatiale, si ce n’est portée par des bureaux d’études extérieurs. Aujourd’hui, nous disposons d’outils modernisés nous permettant de produire nous-mêmes cette analyse et de travailler main dans la main avec nos partenaires. » Les clés de lecture sont très nombreuses : foncier, aménagement, friches et pollution, numérique, agriculture, parcs d’activité, voirie, servitude d’alignement, etc. Au total, une trentaine de portails. Le réflexe cartographique commence donc à gagner les comportements dans les différents services de la MEL.

A l’heure de la baisse des dotations de l’Etat, il est, en effet, devenu indispensable de rationaliser. L’époque du projet one shot est sans doute révolue à jamais. La crise impose désormais de travailler ensemble et d’harmoniser les projets, donc d’avoir une vision en temps réel de la vie de son territoire, de ses besoins et de ses contraintes. En raccourci, plus aucune commune ne peut se permettre de faire sa piscine dans son coin.
L’étape suivante concerne Monsieur et Madame Tout-le-Monde. « Nous voulons mettre nos bases de données à l’épreuve du citoyen, poursuit Julien Coisne. Nous réfléchissons actuellement à la manière de le faire. Début 2016, nous lancerons le site MELmaps, qui offrira tout un panel d’applications simples d’utilisation. Il ne s’agit pas de livrer de l’information en pâture mais de dire à tout un chacun que ses observations sont les bienvenues. Pour résumer, disons qu’avant, on n’ouvrait rien sauf… Aujourd’hui, c’est le contraire, on ouvre tout sauf… »

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