Territoires Pas-de-Calais

Le sous-préfet laisse une gare numérique en héritage

Mots clés : Etat et collectivités locales - Gares, aéroports

A Saint-Omer, on se souviendra du sous-préfet Christian Abrard. Il aura suffi d’un peu plus de trois ans à cet instituteur de profession, énarque sur le tard devenu par la suite directeur de cabinet de Christian Estrosi à la mairie de Nice, pour marquer le territoire audomarois de son empreinte. Dans le fonctionnement des institutions – c’est, en effet, dans l’arrondissement de Saint-Omer que le département du Pas-de-Calais a vu le plus de constitutions de communes nouvelles – mais pas uniquement. Christian Abrard a, par exemple, donné un coup d’accélérateur au projet de la future brasserie Goudale. Le haut fonctionnaire a aussi aidé à trouver une autre destination à la gare de Saint-Omer, surdimensionnée pour l’activité de la SNCF et fermée depuis 2011 pour raison de sécurité, plafonds et verrières menaçant de s’effondrer. « Faire avancer ce genre de dossier, c’est aussi le travail d’un sous-préfet », rappelait au printemps Christian Abrard avant de rejoindre la sous-préfecture de Roanne.

Esprit des châteaux Louis XIII.

A son arrivée à Saint-Omer en 2013, Christian Abrard est impressionné par cette gare construite en 1901 dans le style des châteaux Louis XIII et inscrite à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1984. Plus de 4 millions d’euros ont été engagés dans l’aménagement d’un pôle d’échange multimodal, malheureusement les chiffres avancés pour la réhabilitation du bâtiment ont eu raison des meilleures intentions. Christian Abrard décide malgré tout de ramener les partenaires autour de la table pour essayer d’établir un montage financier. Finalement, au bout d’une année d’études ponctuée d’une enquête menée auprès de la population par l’agence d’urbanisme et de développement Pays de Saint-Omer-Flandre intérieure, il est décidé de transformer la gare en équipement éconumérique et de services, réunissant autour d’une halle multifonctions, dite « de l’innovation », un fab lab, un espace de coworking, un autre dédié à la mobilité, un pôle petite enfance, une conciergerie et des commerces.

Espaces préfigurateurs.

Acquéreuse du bâti auprès de SNCF Gares & Connexions pour 200 000 euros, la communauté d’agglomération de Saint-Omer (Caso) est maître d’ouvrage de cette opération de 2 600 m2 et 11,35 millions d’euros, que le sous-préfet Abrard a fait inscrire au contrat de plan Etat-région 2015-2020. La maîtrise d’œuvre a été attribuée sur concours restreint (1) à l’architecte du patrimoine Nathalie T’kint, mandataire d’un groupement au sein duquel on trouve Richez Associés (espaces intérieurs), les bureaux d’études Berim (TCE) et Alternative (acoustique et éclairage), Action-Ergo (conseil en ergonomie) et Béatrice Fichet (signalétique). Les travaux devraient durer environ trois ans, la réouverture de la gare étant envisagée fin 2019. Mais, d’ores et déjà, les Audomarois peuvent tester leur appétence pour la chose numérique à l’intérieur d’un bâtiment modulable à ossature bois de 150 m2 qui a été installé en juin devant la gare par l’entreprise Ambois (pour 187 500 euros HT). Christian Abrard pouvait rallier la Loire avec la satisfaction du devoir accompli.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ

(1) L’Atelier Novembre, Philippe Prost et Tank Architectes étaient les trois autres candidats.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X