Architecture Technique Equipement

Le soleil se passe de fenêtre

Mots clés : Electricité - Equipements électriques - Fenêtre - Télécommunications

Près de Valence (Drôme), le siège d’Icare Développement abrite plusieurs trouvailles techniques, notamment un éclairage par fibre optique.

Si un réalisateur cherche un décor de science-fiction dans la Drôme, il ira sans doute du côté de l’Ecoparc Rovaltain, à un kilomètre de la gare TGV de Valence. Un édifice métallique aux lignes futuristes y surplombe les champs de Châteauneuf-sur-Isère. Inauguré le 25 septembre 2015, le dénommé « Octogone » abrite le siège de ses concepteurs, la jeune entreprise Icare Développement. Ces derniers ont poussé le chic jusqu’à installer sur le toit une parabole pointée vers le soleil. L’équipement, imaginé par la société Echy, n’a pas établi de communication intersidérale. Cependant, il contribue à un procédé technique tout aussi avant-gardiste : le transport de la lumière du jour dans l’enceinte du bâtiment, sans le concours d’un matériau transparent.

Icare Développement est né en 2012 de la volonté de six entrepreneurs du BTP drômois (1). Ils souhaitaient proposer une offre de maîtrise d’œuvre fondée à la fois sur la performance énergétique et le recours à des entreprises locales. « Nos compétences s’étendent de la conception à l’exploitation de site, explique Patrick Berruet, directeur de projet d’Icare. L’Octogone était notre premier projet. L’investissement de 750 000 euros provenait en totalité d’entités privées. Cette contrainte nous a poussés à créer un bâtiment avancé sur le plan technologique, mais dont le coût reste inférieur à 1 500 euros/m². » Pour une surface de 510 m² répartie sur trois niveaux, l’immeuble affiche une consommation théorique en énergie primaire de 25 kWh/m².an pour les cinq usages de la RT 2012.

La clarté de l’astre en câble.

Outre une enveloppe performante, le site possède un arsenal impressionnant d’équipements : stores pilotés par une station météo, ombrières solaires avec des batteries, ou encore pompe à chaleur air-eau associée à un ballon de stockage. Des compteurs et des capteurs sont reliés à une base de données qui enregistre les consommations. Pièce singulière de cette collection technologique, le panneau d’Echy se compose de six modules de concentration montés sur un châssis. La structure métallique, dotée d’un traqueur, tourne et suit la trajectoire du soleil. Chaque module comporte dix lentilles de Fresnel, qui canalisent le flux lumineux vers des fibres optiques. Ces dernières, rassemblées dans des câbles, acheminent cette lueur par réflexions successives jusqu’à six luminaires. Quatre sont des modèles hybrides. « Ils combinent éclairage naturel et éclairage artificiel. Quand l’éclat du soleil baisse, la seconde source prend le relais, explique Stéphanie Le Beuze, directrice générale d’Echy. La fibre utilisée peut acheminer la lumière jusqu’à 40 m du module. Dans une de nos installations pilotes, nous avons atteint une longueur de 160 m. »

A 25 m de distance, un module peut ainsi éclairer environ 14 m² à un niveau de 250 lux. Patrick Berruet se remémore un montage sans difficulté : « Nous avons posé les gaines à la fin du chantier, avec l’assistance d’Echy. Deux techniciens ont effectué cette opération en trois jours. »

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(1) James Andriollo (Andriollo BTP), Joël Audigier (Audigier TP), Stéphane Bellamy (Entreprise 26), Christophe Bonhomme (Bonhomme Bâtiments industriels), Alain Guibert (Busseuil), Sébastien Vignal (Vignal Energies).

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