Territoires Gouvernance

« Le sens de l’histoire va à la montée de l’agglomération »

Mots clés : Etat et collectivités locales

Questions à Jean-Louis Fousseret, maire de Besançon et président de la communauté d’agglomération (PS).

Selon son maire, Besançon ne sort pas affaiblie des discussions sur l’organisation de la nouvelle région Bourgogne/Franche-Comté. Et les esprits y sont prêts à étendre les champs de compétences de l’agglomération.

Le 31 juillet, Dijon a été désignée capitale de la Bourgogne/Franche-Comté : Besançon a-t-elle perdu une bataille ?

Raisonner ainsi, c’est ignorer la gouvernance du territoire telle qu’elle doit se concevoir au XXIe siècle, celui du numérique et des temps de trajet réduits : à savoir le fonctionnement en réseau entre plusieurs lieux physiques. Dans notre nouvelle région, un fonctionnement autour de deux villes-centres relève de la logique. J’appelle de mes vœux la constitution d’un pôle métropolitain avec Dijon où nous puissions débattre de nos nombreux enjeux communs, et déjà partagés de longue date : TER-GV, université, santé, tourisme, etc.
La réforme territoriale est une bonne réforme : elle crée une région proche de 3 millions d’habitants. Mais qui restera petite à l’échelle européenne, et dépourvue de métropole. De ce point de vue, notre « concurrent » n’est pas Dijon, mais la région parisienne, Rhône-Alpes ou l’Alsace. C’est la définition d’un projet de territoire qui importe. Quant au choix du siège de l’assemblée régionale, les élus en décideront. Je ne suis pas vindicatif, mais je suis tenace comme un Franc-Comtois sait l’être.

Comment jugez-vous la répartition des administrations d’Etat entre Dijon et Besançon ?

Elle est satisfaisante. Un équilibre a été atteint, nous avons été entendus. Besançon accueillera le rectorat, la direction régionale de l’Insee, la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) et la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement), ce qui est cohérent avec son statut de capitale économique, environnementale et universitaire de la nouvelle région. Il reste la question de l’ARS (Agence régionale de santé), nous avons la légitimité de la haute qualité de notre CHU, de nos instituts de recherche et de nos développements dans l’e-santé. Il faudra rester très vigilant sur la déclinaison des services et des structures. Ainsi, il me paraît logique qu’à la suite de la Dreal, Besançon accueille l’Ademe.

L’agglomération est-elle devenue réalité à Besançon ?

Oui, un état d’esprit s’est créé. Nous avons dépassé le stade de la double peur : celle des communes périphériques de se faire phagocyter par Besançon, celle de la ville-centre de payer pour les autres. Quand on compare aux années 1990, on mesure le chemin parcouru ! Deux dossiers ont à mon sens contribué à forger cette identité : la Cité des arts et de la culture [conçue par Kengo Kuma, elle a été construite en commun par la Ville, la communauté d’agglomération et la région pour y abriter des structures culturelles, NDLR] et le tramway, voté à la quasi-unanimité. En matière d’économie, nous savons désormais poser la question « Où l’entreprise se sentira-t-elle bien ? » avant celle des recettes fiscales. Le programme local de l’habitat (PLH) communautaire commence à porter ses fruits pour la répartition des efforts de production de logements, notamment sociaux. Le sens de l’histoire va à la poursuite du développement de l’agglomération. Elle a vocation à élargir ses compétences dans le développement économique et à en gagner de nouvelles, comme l’eau/assainissement. Et le 1er janvier 2016, nous franchirons une autre étape avec la mutualisation Ville/agglomération de la direction générale des services techniques et du poste du directeur général des services. Cette montée de l’agglomération va de pair avec la coopération avec les EPCI (établissements publics de coopération intercommunale) des territoires ruraux environnants, que nous ne délaissons pas.

A quand le PLU intercommunal ?

Il appartiendra aux élus d’en fixer le calendrier mais, de toute façon, la loi Notre nous y oblige. Là encore, j’insiste sur le fait qu’il n’y aura pas de révolution. Suite au désengagement de l’Etat, le Grand Besançon assure déjà l’administration du droit des sols d’une cinquantaine de communes de la périphérie.

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