Architecture Technique Réseau ferré

Le Saint-Gothard vainqueur des Alpes

Mots clés : Ouvrage d'art

Après dix-sept ans de travaux, le plus grand tunnel du monde franchit enfin le massif suisse qui lui a donné son nom.

Un nouveau « trait d’union » européen. Le 1er juin, le tunnel ferroviaire du Saint-Gothard était inauguré officiellement, en présence du gouvernement suisse au grand complet, de François Hollande, de la chancelière allemande Angela Merkel et du Premier ministre italien Matteo Renzi. Considérée comme le plus long tunnel ferroviaire du monde, cette nouvelle infrastructure, qui relie les cantons d’Uri et du Tessin, dans le sud de la Suisse, affiche une longueur totale de 57,1 km. Si on compte les deux tubes parallèles à une voie de circulation, les deux gares souterraines et l’important réseau de communication (galeries de liaison et d’accès, puits de ventilation et de sécurité, etc.), ce sont en réalité pas moins de 152 km de galeries qui ont été creusés dans le massif du Saint-Gothard. « C’est un projet phare pour la Suisse, qui a nécessité de lourds investissements, de l’ordre de 11 milliards d’euros environ. Il représente un maillon ferroviaire essentiel pour relier la mer du Nord à la Méditerranée », affirme Andreas Schmidt, responsable du département technique et économie de la Société suisse des entrepreneurs.

Chantier de tous les superlatifs, la construction du tunnel de base du Saint-Gothard, situé à 550 m d’altitude, a été réalisée en dix-sept ans, sous une couverture rocheuse atteignant par endroits les 2 450 m ! Deux tunneliers ont été nécessaires pour forer environ 80 % de l’ouvrage – l’un au départ du portail de Bodio (au sud), l’autre du portail Erstfeld (au nord) -, au rythme moyen de 10 à 14 m par jour – avec un « pic » à 56 m, atteint le 18 juillet 2009. Les 20 % restants du tunnel ont été forés en méthodes traditionnelles (à l’explosif). Au total, ce sont pas moins de 28,2 millions de tonnes de marins (les déblais issus des travaux du tunnel) qui ont été extraites du massif alpin.

« La première ligne de plaine à travers les Alpes. »

Tunnel ferroviaire le plus long, mais aussi le plus profond du monde, « le Gothard » constitue, selon ses promoteurs – AlpTransit Gotthard AG et les Chemins de fer fédéraux suisses (CFF) -, la « première ligne de plaine à travers les Alpes ». Durant les quinze années de travaux de génie civil, le chantier a été segmenté en cinq lots, lesquels ont été trustés par les « leaders alpins » de la construction, dont les majors autrichienne Strabag et suisse Implenia.

Travaux souterrains obligent, plusieurs difficultés géotechniques ont émaillé le chantier. Parmi elles figurent les incontournables phénomènes de convergence (le terrain qui se « referme » après le passage du tunnelier). Pour lutter contre ces poussées, les équipes sur place ont utilisé des cintres de soutènement flexibles, s’imbriquant les uns dans les autres et limitant ainsi – tout en les accompagnant – les mouvements du terrain. Une innovation mise en œuvre sur le chantier suisse et qui sera ensuite reprise sur d’autres chantiers – comme le Lyon-Turin ferroviaire. Les premiers trains emprunteront le Saint-Gothard le 11 décembre.

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’ œuvre : AlpTransit Gotthard AG, Chemins de fer fédéraux suisses (CFF). Entreprises : Strabag, Implenia, Hochtief, Bilfinger, Alpine Mayreder, Impregilo. Durée du chantier : 17 ans, dont 15 ans pour le génie civil. Début : 1999. Fin : juin 2016. Mise en service : 11 décembre 2016. Coût : 12,15 milliards de francs suisses, soit 11 milliards d’euros environ.

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