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Le retour du geste

Mots clés : Architecture intérieure

Si les avancées technologiques balisent l’évolution du monde du design, les designers contemporains manifestent un intérêt croissant pour le hand made. Enquête sur une évolution des pratiques où la matière et le geste deviennent la substance même de leur processus conceptuel.

Le lien entre métiers d’art et design devient ténu. Historiquement l’un précède l’autre, pourtant l’actualité souligne comment le hand made peut indiquer un axe de progrès pour plusieurs designers. Le respect des matériaux, l’implication dans les modes de mise en œuvre, et la reconnaissance du savoir faire inhérent aux métiers d’art singularisent alors leurs démarches. Emblématiques de cette rencontre entre art et design au Royaume-Uni, Richard Woods et Sebastian Wrong élaborent sièges et tables à partir d’un assemblage de panneaux de bois, traverses et tasseaux. Ils recourent aux techniques traditionnelles de la peinture sur bois qu’ils appliquent sur les supports, suivant un mode illustratif. En France, dans le cadre de l’Atelier de recherche et de création du mobilier national (Arc), Noé Duchaufour-Lawrance collabore avec des maîtres d’art et développe une commande publique de bureau. Sa démarche rappelle que le projet concerne moins la technologie à inventer et maîtriser, que l’identification préalable du matériau adéquat afin de ne pas trahir l’idée initiale. La perspective de renouer avec un savoir-faire artisanal exige une relation au temps qui s’apparente aujourd’hui à un luxe. Cet éloge de la lenteur au sein du process, du partage et de l’échange avec le commanditaire se détache de la temporalité classique à toute démarche en design. Il procure pourtant un réel bénéfice, réduisant l’impact de la réalisation sur l’environnement, assurant la traçabilité de la matière et la protection des ressources naturelles. La transversalité des compétences confronte le secteur du design à l’exigence des métiers d’art. Le savoir-faire traduit le degré d’intelligibilité du matériau. En ce sens, Marc Bayard, conseiller scientifique du Mobilier national, explique : « L’Arc, sans offrir de modèle économique mais en assurant la valorisation de la recherche et du développement du design et des arts de l’habitat, produit de la plus-value vis-à-vis du futur : aller vers une croissance transversale, respectueuse...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 243 du 01/07/2015
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