Territoires Marseille

Le renouvellement urbain s’accélère

A Marseille, les acteurs de la rénovation urbaine, la plus importante engagée à l’échelle d’une ville (14 conventions et 1,2 milliard d’euros d’investissements pour le PNRU 1), voient s’approcher à grands pas l’échéance de la fin 2015. A cette date, les maîtres d’ouvrage devront en effet avoir démarré des travaux sur l’ensemble des opérations au risque, sinon, de voir leurs subventions s’envoler. « 59 % des subventions ont déjà été engagées mais le chiffre est trompeur, car il ne recouvre pas systématiquement la réalité de l’avancement des opérations », explique Nicolas Binet, directeur du GIP Marseille Rénovation urbaine. Sur le terrain en effet, le PNRU a nettement progressé, bien plus parfois que l’octroi des subventions : 90 % des objectifs sont atteints pour les réhabilitations (5 161 sur 5 745 prévues, à avril 2015), 77 % pour les relogements, 66 % pour la reconstitution de l’offre (2 207 logements sur 3 359), plus de 50 % pour les équipements et les aménagements, 49 % pour les démolitions, etc. Seule la diversification de l’habitat (17 %) est en retrait mais elle ne peut intervenir qu’en dernier lieu.

Mobilisation des bailleurs sociaux.

A Saint Barthélémy, Picon et Busserine (14e arr.), une visite organisée par AMO (Architecture et maîtres d’ouvrage) Provence Méditerranée permet de constater, quatre ans après la signature de la convention Anru (118 millions d’euros), la dynamique de transformation engagée au cœur de l’ex-ZUP n° 1 réalisée dans les années 1960. Ces trois quartiers concentrent plus de 2 000 logements et leur réhabilitation doit composer avec le chantier de la rocade L2, une infrastructure lourde qui les côtoie au plus près. « L’enjeu majeur est de sortir ces ensembles de leur isolement par un nouveau réseau viaire et de les doter de nouveaux équipements publics, écoles et terrains de sport. La démarche est réalisée dans le cadre d’un plan-guide élaboré dès l’origine et que nous mettons en œuvre étape par étape », explique l’urbaniste Michel Seban (agence Babel et Prado). Le projet passe aussi par une forte mobilisation des bailleurs sociaux. Logirem, premier bailleur du PNRU à Marseille par ses engagements (254 millions d’euros investis), consacre 93 millions à cette opération avec 330 démolitions, 330 logements reconstruits sur site et hors site, et 500 réhabilitations. « Sans l’apport de l’Anru, nous ne pourrions pas engager de tels travaux sur notre patrimoine. Nous louons ici à 3,75 euros/ m2 et nous réhabilitons à hauteur de 40 000 euros par logement », souligne Alain Ofcard, directeur de la maîtrise d’ouvrage.

L’inconnue à ce jour porte sur les aménagements qui seront réalisés sur la dalle de la L2, un élément-clé pour créer de nouvelles liaisons entre les quartiers. Leur financement n’a pas été intégré par l’Etat dans le PPP de la rocade et ils devront être pris en charge par les collectivités. « On craint de se retrouver avec un no man’s land à la fin du chantier », explique un acteur du projet.

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