Architecture Technique Infrastructures

Le recyclage routier « antipollution »

Mots clés : Chaussée - Réseau routier

Un procédé innovant de retraitement en place à froid des chaussées permet de réhabiliter les routes contenant des matériaux pollués en toute sécurité.

Le « bon » vieux goudron a fait son temps ! Liant routier reconnu, dès le début du XXe siècle, pour sa capacité à agglomérer les granulats minéraux constitutifs des chaussées, il a été longtemps utilisé comme revêtement sur les routes de France. A tel point que l’expression « chaussée goudronnée », même si elle est tombée en désuétude à la fin des années 1990, est restée dans le langage courant. Revers de la médaille : le goudron, qui recouvre toujours certaines routes, contient des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Or, ces composés, constituants naturels du charbon et du pétrole, une fois libérés à des températures élevées, irritent la peau. Pire : ils sont considérés comme cancérigènes lorsqu’ils sont inhalés.

Pour parer à ce double problème sanitaire et environnemental lors d’opérations de réhabilitation routière, Eiffage a développé une approche du recyclage innovante. « Notre procédé, baptisé Recyclean, est basé sur la technique traditionnelle du retraitement en place à froid. Il s’agit d’une méthode d’encapsulage et de protection par voie humide qui permet de retraiter les chaussées in situ, à l’aide d’ateliers mobiles, en évitant le transport et la mise en décharge des matériaux pollués. L’exposition aux polluants des travailleurs et des riverains pendant les travaux s’en trouve de fait fortement limitée », explique Hervé Dumont, directeur technique de l’activité route d’Eiffage Infrastructures.

Jupe d’eau.

Le groupe met en œuvre sa solution d’encapsulation sur ses ateliers de retraitement de chaussées ARC 700 et ARC 1000 ainsi que sur son atelier de retraitement mobile ARM 2500. Le principe de Recyclean est le suivant : l’atelier décohésionne l’ancienne chaussée puis mélange les matériaux en place avec de l’eau et un liant hydraulique (ou une émulsion de bitume) qui fixe les polluants. « Comme un retraitement en place à froid classique, avance Hervé Dumont. A la différence près que le système de brumisation, installé sur le carénage de la machine, et qui forme ainsi une sorte de “ jupe d’eau ”, piège et rabat les poussières et les émanations gazeuses nocives émises par l’atelier. » Les centrales mobiles d’Eiffage peuvent traiter la chaussée sur 5 à 35 cm de profondeur, en fonction de l’étendue et de la nature de la pollution ainsi que des performances mécaniques recherchées pour la nouvelle infrastructure.

Ecologiquement et socialement vertueux, le procédé Recyclean est de surcroît économique. Evitant le transport des matériaux pollués et leur mise en décharge systématique, il s’avère relativement rapide. « Nous pouvons traiter une surface de 3 000 m2 par jour ou, dit autrement, un linéaire maximal d’environ 2,5 km », précise le directeur technique. Avant de conclure : « Recyclean n’est pas une innovation technique à proprement parler, plutôt une innovation sanitaire et environnementale. »

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