Autres

Le prix du mètre

Mots clés : Architecte - Architecture - Maîtrise d'ouvrage - Politique du logement

Pourquoi le logement en France est-il trop cher, même plus cher, plus petit, moins confortable et moins durable que chez nos voisins européens ? Pour tenter d’apporter des réponses, le groupe ING Real Estate Development France et le Pavillon de l’Arsenal ont réuni, le 13 octobre 2008, soixante-dix professionnels pour échanger autour de douze réalisations récentes et comparables de logements collectifs, et édité un livre format poche Housing Platform, qui restitue ces réflexions collectives.

Les échanges ont réuni les principaux acteurs de la chaîne de production du bâtiment – maître d’ouvrage, collectivités, architectes, ingénieurs, entreprises – pour analyser des projets de logements collectifs, dont les maîtres d’ouvrage et d’œuvre participaient à la réunion. Six tables rondes* ont permis de comparer deux à deux douze projets équivalents en terme de taille, programme et période. Les écarts de prix, ramenés à la SHON, sont considérables, les projets français étant 18 à 63 % plus chers à construire que leurs équivalents européens, des écarts similaires se retrouvant sur les charges foncières, les honoraires ou les frais financiers ou de gestion, entraînant un problème majeur : en France, le prix de marché d’un logement ne permet parfois plus de couvrir son coût de construction.

Les participants évoquent de nombreuses pistes pour expliquer les surcoûts de construction de l’architecture française, dont le fonctionnement oligopolistique du secteur concentré autour de trois majors (la table ronde n° 5 souligne ainsi que « la mise en concurrence n’apporte rien dans un marché opaque »), le poids des réglementations thermique ou accessibilité, l’urbanisation des friches industrielle (qui induit des coûts de dépollution), les réglementations urbaines trop dirigistes architecturalement, les normes de stationnement trop élevées, le déficit de mains d’œuvre pour les lots de plomberie, électricité et serrurerie, le faible intérêt des architectes français pour la question des coûts (à la différence de la culture anglo-saxonne « it’s all about money »), l’absence de véritables économistes de la construction, l’importance de la durée de réalisation des projets, la difficulté de faire accepter la simplicité architecturale contemporaine, avec le double écueil du pastiche et du spectaculaire pour séduire les élus (bannis des choix architecturaux dans certains pays, les services techniques des collectivités étant seuls à se positionner), focalisation sur...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 192 du 01/11/2009
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X