architecture Calais

Le port transmanche prend la mer

Mots clés : Gares, aéroports - Ouvrage d'art - Transport maritime

Le terre-plein de 45 ha est achevé, tandis que la digue poursuit son avancée. Elle dépasse 1 200 m de long.

Le pâté de sable est terminé ! Les entreprises attachées à l’extension du port de voyageurs de Calais ont bouclé le gigantesque jeu de plage consistant à créer un terre-plein de 45 ha avec la matière prélevée à quelques centaines de mètres de là, au fond de la Manche. Les 4,5 millions de mètres cubes sortis des eaux au rythme de 60 000 m3 par jour sont contenus par un perré de plus d’un kilomètre de long. Ils vont maintenant être laissés au repos pour qu’ils se tassent naturellement. Dans les couches les plus épaisses toutefois, qui se trouvent à proximité du perré, on les aide à se compacter par un procédé de vibroflottation : une machine fait vibrer les sables afin d’accélérer leur tassement ; les grains se réarrangent alors dans un état plus dense. Le contrat de travaux limite la future descente des sols à 5 cm sur vingt ans. Le chantier engagé en 2016 au nordest des installations portuaires actuelles a donc déjà franchi une étape significative. Désormais, les responsables de l’opération, Bouygues Travaux publics en tête, se penchent sur les ouvrages d’art (sept ponts et passerelles) et les constructions (quelque 10 000 m 2 de bâtiments d’accueil, administratifs ou réservés aux autorités) à venir sur les terrains gagnés sur la mer. Ce sera pour 2018-2020. Le chantier atteindra alors son plus fort effectif, autour de 650 personnes.

675 millions d’euros HT : budget du chantier (valeur novembre 2013).

Les Xblocs en renfort. Pour l’heure, les travaux d’aménagement d’un nouveau poste d’accostage de ferries ont commencé dans les flots, face au terre-plein. Deux autres sont inscrits au programme, tandis que le bassin est conçu pour accueillir trois postes supplémentaires, si le besoin s’en fait sentir. Ces équipements, destinés à l’accueil de navires de 230 m de long, seront composés pour partie de quais pleins et pour partie de fronts souples posés sur des pilotis en ducs-d’albe, c’est-à-dire des poteaux ancrés au fond des bassins destinés à l’amarrage des navires.

270 millions d’euros HT : montant de la contribution publique (Union européenne, Etat et Hauts-de-France).

Quant à la digue de 3 km qui formera le bassin navigable de 90 ha, elle poursuit son chemin, fendant les vagues. L’ouvrage a dépassé aujourd’hui 1 200 m de long. L’entreprise belge de dragage Jan De Nul trace d’abord une souille au fond de l’eau. Dans ce fossé sous-marin, sont versés des gravats progressivement. Le mur est constitué ensuite de rochers qui viennent de trois carrières du Boulonnais et qui sont acheminés jusqu’au front de construction par un ballet incessant de tombereaux, de jour comme de nuit. D’autres pierres ont été livrées par mer. Par-dessus ces amas minéraux, l’ouvrage sera défendu contre la houle par des Xblocs de béton de 4, de 6 et de 8 m3.

5 millions de tonnes de roche utilisées.

A la suite de tests réalisés sur une maquette au cinquantième par le laboratoire CFI de Copenhague, le musoir de la digue sera même renforcé par des blocs de 10 à 12 m3 , pesant plus de 25 t. Ces pièces sont moulées dans une usine construite sur place par CBE Group. Celle-ci en produit environ 40 par jour. Les blocs sont équipés de marqueurs électroniques, connectés à un écran, et permettent aux conducteurs de pelles d’assurer leur pose correcte sous l’eau, car chaque bloc doit avoir trois points de contact avec les autres. Ces marqueurs (un par bloc) seront retirés après la pose. La digue sera finalement surmontée d’une dalle circulable qui la fera culminer à environ 14 m au-dessus du plus bas niveau de marée.

15 500 Xblocs en béton posés sur la digue et le perré.

Maîtrise d’ouvrage : Société des Ports du Détroit (CCI Côte d’Opale et de Région, CDC Infrastructure et Meridiam). AMO : Egis Ports. Conception-réalisation : Bouygues TP (mandataire), Colas Nord-Picardie, Spie Batignolles, Jan De Nul. Maîtrise d’œuvre intégrée : Arcadis. Livraison prévue : janvier 2021.

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