Architecture Ouvrage d'art

Le pont de Rochefort franchit un nouveau cap

Mots clés : Conservation du patrimoine - Ouvrage d'art

Classé monument historique, le pont transbordeur du Martrou, construit à la fin du XIXe siècle sur la Charente, est totalement remis à neuf.

Monument historique, construit entre 1898 et 1900 sur la commune de Rochefort (Charente-Maritime), le pont transbordeur du Martrou est le dernier ouvrage de ce type en France. Seuls sept autres existent encore aujourd’hui dans le monde. Pont suspendu à structure métallique, l’ouvrage s’élève à 50 m au-dessus de la Charente. Sa particularité ?

Une nacelle mobile de 30 t et de 161 m², suspendue à un tablier de 175,5 m de long, permet de franchir le fleuve.

« A la suite de la tempête Xynthia de 2010, l’Etat a engagé un diagnostic général du pont qui a mis en évidence de nombreux désordres dus, en grande partie, à l’environnement côtier agressif : corrosion, surtension dans les haubans, dérèglement de la suspension, fragilité des tirants d’ancrage, etc. », indique Philippe Villeneuve, architecte en chef des monuments historiques et maître d’œuvre du chantier. Dès lors, la restauration « à l’état d’origine » et la mise en sécurité définitive de l’ouvrage se sont imposées.

Parmi les opérations réalisées, le remplacement intégral du tablier et des 68 suspentes verticales n’est pas la moins complexe. .. ni la moins spectaculaire. Commencée à l’été 2016, cette phase réalisée par l’entreprise Baudin-Chateauneuf, sous la maîtrise d’ouvrage de l’Opérateur du patrimoine et des projets immobiliers de la culture (Oppic), doit prendre fin en février 2019. « Le tablier central a été déposé par tronçons de 4 et 8 m, en partant du centre du pont et en progressant alternativement, pour chaque tronçon, vers l’une puis l’autre des deux paires de pylônes. Pour pouvoir démonter les pièces d’attache des suspentes, nous avons notamment mis en place deux passerelles à câbles provisoires parallèles, de 140 m de long », explique Christian Croizier, responsable d’exploitation pour Baudin-Chateauneuf. Et de préciser : « Les éléments du tablier situés aux deux extrémités, d’une longueur de 15,6 m, sont déposés à la grue. En revanche, la dépose des éléments de la partie centrale du tablier, entre les pylônes, se fait quant à elle par moyens nautiques. »

Amiante à enfouir. Déposés à l’aide de treuils et de câbles porteurs jusqu’à une barge stationnant sur la Charente – au rythme moyen d’un à deux par jour (en 12 heures environ) -, chacun des 22 tronçons de tablier a été transféré jusqu’à une plate-forme de stockage, à 200 m de l’ouvrage, avant d’être évacué en centre d’enfouissement. « C’est l’une des principales contraintes du chantier, la peinture d’origine contenant, entre autres composés toxiques, de l’amiante », fait savoir Christophe Accart, dirigeant du bureau d’études techniques Artcad, assistant au maître d’œuvre.

Le nouveau tablier, de type treillis « Arnodin » – du nom de l’ingénieur-concepteur du pont transbordeur -, sera mis en place en mars et avril prochains, après notamment la restauration des pylônes. Fabriqués préalablement en usine, ses composants seront assemblés sur le chantier, au sol, pour former 22 tronçons de 8 m de long et de large. Ces derniers seront mis en place à 50 m de haut, selon les procédés inverses à ceux de la dépose. L’ouverture aux piétons et aux cyclistes du « nouvel » ouvrage est prévue pour mars 2019.

Maîtrise d’ouvrage : Opérateur du patrimoine et des projets immobiliers de la culture (Oppic). Maîtrise d’œuvre : Philippe Villeneuve, architecte en chef des monuments historiques.

Assistant maîtrise d’œuvre : bureau d’études techniques Artcad.

Entreprise : Baudin-Chateauneuf. Montant : 22,5 millions d’euros HT.

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