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Le plus grand stade de province se cherche un avenir glorieux

Dimanche 24 avril, 14 h 00 : horaire inhabituel pour un match. La voiture garée au parking de la gare Saint-Charles, 10 minutes de métro jusqu’au terminus Sainte-Marguerite Dromel « stade Vélodrome ». Après un double filtrage avec fouille – une hypervigilance qui dénote avec l’enjeu tout relatif du match OM-Nantes, d’autant que les supporters des Canaris ont été interdits de déplacement et que les virages du stade Vélodrome sont une nouvelle fois déserts suite aux débordements du match précédent -, me voici au pied du plus grand stade de province.

Malgré l’affluence réduite (20 000 spectateurs dans une enceinte qui peut en contenir plus de 67 000), l’accès à la tribune Ganay n’est pas des plus aisés : le contrôle des billets et l’ultime fouille au corps provoque un énorme embouteillage devant la porte 7. Une fois le sésame obtenu, direction la buvette. Six euros pour un jambon beurre sous cellophane et un verre d’eau Cristaline (avec une paille) ! Pas donné. Mais on est venu pour le foot, pas pour un gueuleton !
Dans les entrailles de béton brut du « nouveau stade Vélodrome » rebaptisé « Orange » par un accord de naming, je cherche l’accès à la travée « J ». Le voilà. Début d’une longue ascension par des escaliers franchement tristounets. Nez de marche abîmés. Béton brut sur les murs. Le caractère spartiate de la déco intérieure tranche avec le brillant de la voile blanche qui habille l’enceinte du boulevard Michelet. A la centième marche, ouf ! Le carré vert apparaît. Miracle : « l’enrhumoir » raillé par Roland Courbis n’est plus. La couverture des tribunes fait son effet : les rafales du mistral semblent cantonnées à l’extérieur. Arrivé au rang 28, vue imprenable sur la pelouse et sur l’immense tribune Jean-Bouin aux trois quarts vide. Pour aller à sa place, il faut cultiver l’art de l’esquive : l’espace est réduit au minimum. Mon siège ? Une simple assise en plastique blanc sans dossier. J’assiste à un étrange jeu où le speaker encourage les spectateurs à crier le plus fort possible pour tenter de faire exploser le « décibélOMètre ». Bide assuré en ce dimanche aussi glacial que les résultats du club.
Le Vél’ paraît trop grand pour ses acteurs. Seules étincelles : les deux buts marqués par les Marseillais, dont un… dans le mauvais sens. Match nul. Le club est en vente. Et la note du stade à régler.

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ENCADRE

Capacité : 67 394 places. Montage : contrat de partenariat (CP). Personne publique : Ville de Marseille. Titulaire du CP : Arema (Bouygues et partenaires financiers). Maîtrise d’œuvre et BE : Scau (mandataire, architecte), Didier Rogeon,Entreprises : GFC Construction (entreprise générale, mandataire) avec 250 sous-traitants. Planning du chantier : inauguré  octobre 2014 après trois ans de travaux. Coût des travaux : 270 M€

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