Enjeux

Le plus français des ardoisiers espagnols

Mots clés : Produits et matériaux

Le leader mondial de l’ardoise Cupa Pizarras exporte la moitié de sa production vers l’Hexagone.

Le 4 octobre dernier, le fonds d’investissement américain Carlyle a annoncé l’acquisition de l’espagnol Cupa. Selon la presse hispanique, Carlyle a versé quelque 170 millions d’euros pour les 65 entreprises de ce groupe familial formé autour de Cupa Pizarras, leader mondial de l’ardoise, et Cupa Stone, producteur de pierre naturelle. Le fonds s’est également engagé à rembourser une dette d’environ 155 millions d’euros.

Si le management reste en place, notamment le P-DG Javier Fernandez, une page se tourne pour Cupa Pizarras, créé en 1892, qui exporte 98 % de sa production vers 60 pays. « Notre quotidien n’a pas changé mais l’arrivée de Carlyle nous apporte de nouvelles capacités d’investissement et nous conforte dans notre développement », explique, dans un français parfait, Javier Quindos, directeur commercial de l’entreprise. L’arrivée de Carlyle tombe à pic car le marché mondial de l’ardoise (environ 450 000 tonnes) est entré dans une phase de concentration avec notamment la montée en puissance de l’allemand Rathscheck et de Saint-Gobain. Même si, depuis la fermeture des ardoisières d’Angers, elle ne compte plus de producteur sur son territoire, la France, qui représente environ 45 % de la demande mondiale, reste de loin le marché le plus important. Arrivent assez loin derrière les marchés britannique (28 %), allemand (15 %) et belge (4 %).

430 M€ de CA. 98 % à l’export. 2 100 salariés. 22 carrières.

Rénovation et nouveaux produits. Ce n’est donc pas un hasard si c’est en France que Cupa Pizarras a implanté, en 1990, sa première filiale à l’export. Pas un hasard non plus si cette filiale se trouve à Rennes. « Sur le marché français de l’ardoise, l’Ouest constitue la grande majorité de la demande », explique Erwarn Galard, son responsable marketing. La filiale (12 salariés) génère environ la moitié des ventes du groupe avec 75 000 tonnes écoulées en moyenne par an. « Le marché français a atteint un pic en 2007 avec 300 000 tonnes mais il est redescendu à 200 000 tonnes et devrait rester stable, car c’est un marché de rénovation pour les deux tiers », détaille Erwarn Galard.

Afin de rester leader de ce marché concurrencé par des matériaux industriels et la vague des toits plats, Cupa Pizzaras compte sur les qualités intrinsèques de l’ardoise naturelle (durabilité, esthétisme… ) mais s’est engagé dans une politique environnementale (ISO 14001, fiches FDES, transport maritime à 60 %…) et de qualité, avec la mise en place d’un système de traçabilité avec codes barres. L’ardoisier mise aussi sur de nouveaux produits comme le Thermoslate, panneau thermique qui utilise les qualités naturelles de l’ardoise en transformant le rayonnement solaire en énergie. Autre domaine de développement : l’ardoise en façade avec Cupaclad (façade ventilée). « Au Danemark, les façades représentent 50 % de notre production alors qu’il y a à peine sept ans, elle était entièrement dédiée aux toitures », assure Javier Quindos.

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