Territoires Bretagne

Le petit boum du BIM

Mots clés : Logiciels - Outils d'aide

Salle comble le 3 mars à la fédération du bâtiment des Côtes-d’Armor. Pendant plus de deux heures, une soixantaine de chefs d’entreprise, de maîtres d’œuvre et d’ouvrage écoutent les interventions. Au programme : le BIM. En clair, la modélisation des données du bâtiment. Dominique Poirot, animateur métiers dans cette fédération, annonce la couleur : « Des entreprises, souvent artisanales, se sont lancées dans cette démarche. Plusieurs dans le secteur de la charpente mais aussi en électricité ou en plomberie, voire en gros œuvre. Elles dessinent en trois dimensions ce qu’elles construiront plus tard. »

Thierry Dumery, qui dirige l’entreprise de charpente Sefra, est de ceux-là. Depuis décembre 2014, il a investi plus de 40 000 euros : une station d’implantation, puis un scanner de relevés 3D. « La prise de cotes est le problème numéro 1 de nos métiers, explique-t-il. D’où l’achat de la station d’implantation, qui donne les coordonnées en x, y et z. Reste que, sur des projets très compliqués, on se retrouve avec une multitude de points, et donc avec un risque d’erreur. Et puis, on peut oublier une cote et devoir retourner sur le chantier. » Il y a quelques mois, Thierry Dumery acquiert donc un scanner de relevés. Exactitude des points relevés, résolution à distance de problèmes ou encore dépenses évitées, par exemple la location d’une nacelle pour prendre les mesures d’un profil de bardage à refaire en haut d’une tour. Une journée de formation a été nécessaire pour maîtriser l’appareil, bien qu’il précise « ne pas utiliser toutes les options ».

Outil flexible.

A Lorient, Yoann Le Corvec, architecte associé de l’agence DDL, a profité de la crise des marchés publics pour investir dans la maquette numérique : 50 000 euros et un formateur présent à l’agence chaque lundi pendant trois mois. « Ça a permis d’acquérir les bases du logiciel mais c’était insuffisant, note Yoann Le Corvec. Aussi, les quatre mois suivants, chaque vendredi après-midi, on s’entraînait. » L’agence, qui ne travaille qu’en commande publique, expérimente d’abord la maquette numérique sur des projets « simples », comme la construction d’un lycée. « Lorsque nous avons présenté les images au maître d’ouvrage et aux utilisateurs, raconte Yoann Le Corvec, nous avons vu la différence. Nos interlocuteurs comprenaient et réagissaient à nos propositions. » Et d’ajouter : « Une fois la maquette réalisée, on peut paramétrer les pièces. Par exemple, renseigner la nature des sols, l’usage d’une pièce et son taux d’occupation… C’est un outil flexible, qui permet également aux entreprises de faire des chiffrages fins au stade du dossier de consultation des entreprises. » En décembre dernier, l’agence a gagné le concours de maîtrise d’œuvre pour la réalisation d’un hôpital pédiatrique au CHU d’Angers. Le cœur du sujet était bien le BIM : « Nous avons eu deux auditions, dont une totalement consacrée au BIM », souligne Yoann Le Corvec. Idem pour l’appel à candidatures du lycée de Liffré (Ille-et-Vilaine) : le dossier exigeait une expérience BIM.

Selon Yoann Le Corvec et Thierry Dumery, les entreprises ont intérêt à ne pas louper le train du numérique. Même si, selon l’architecte, « les maîtres d’ouvrage ne sont pas encore très avancés sur le sujet ».

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