Enjeux

« Le paysage doit reprendre contact avec le BTP »

Mots clés : Aménagement paysager - Entreprise du BTP

La présidente des paysagistes veut renforcer la visibilité de sa profession.

Catherine Muller , présidente de l’Union nationale des entreprises du paysage (Unep)

Unique candidate à sa réélection au congrès de Beaune des 14 et 15 octobre, la présidente de l’Union nationale des entreprises du paysage Catherine Muller présente les idées qu’elle souhaite mettre en œuvre lors d’un second mandat.

En septembre 2015, vous avez organisé le lancement de la nouvelle image de l’Unep au siège de l’ordre des architectes d’Ile-de-France. Pourquoi avoir fait ce choix ?

Il s’agissait surtout d’exprimer une volonté d’ouverture et de visibilité, bien au-delà d’une seule profession. Il nous reste de gros progrès à accomplir en vue d’une meilleure connaissance et reconnaissance des entreprises du paysage. Pour cela, nous avons voulu créer une image qui donne envie, une identité moderne, gaie et créative. Bien sûr, ce message s’adresse aussi aux architectes qui, par la suite, nous ont invités à leur congrès. Nos discours peuvent se rencontrer. S’agissant du BTP, reconnaissons que nous ne sommes pas encore entrés dans leurs cercles de réflexion. Si je suis réélue, je compte bien reprendre les contacts dans ce but avec la FNTP et la FFB.

Comment se porte le secteur du paysage depuis le début de votre présidence ?

Nous venons de vivre trois années très difficiles. Mon mandat a commencé juste avant les élections municipales et les restrictions budgétaires subies par les collectivités. Il s’en est suivi une concurrence accrue et une diminution des grands projets. Je regrette que le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi n’ait pas permis de redresser nos marges : ce dispositif, pensé pour diminuer le poids de la masse salariale dans l’exportation, ne convient pas aux entreprises concentrées sur leur marché national. Mais derrière ce tableau général, se cache une grande diversité de situations en fonction des territoires et des types de marchés. Et soulignons aussi que la confiance dans l’avenir reste une caractéristique de nos entreprises, qui continuent à embaucher et à privilégier les contrats à durée indéterminée.

L’évolution du Code des marchés publics, avec une plus grande ouverture aux critères de performance, offre-t-elle de nouvelles opportunités ?

Nous n’avons pas observé de retombées de ce type. Les acheteurs manquent de formation pour appréhender leur rôle macroéconomique sur leur territoire. Les marchés globaux peuvent se révéler dangereux. Nous aurons souvent à nous battre pour maintenir l’allotissement, et pour montrer les risques de destruction économique inhérents aux distorsions de concurrence auxquels nous sommes confrontés. En effet, les services publics territoriaux assument en partie les mêmes missions que nous, et les politiques d’insertion se limitent souvent à des prestations d’occupation à court terme. Parallèlement, il faut maintenir l’effort pour le référencement de nos entreprises par les grands donneurs d’ordres privés. La présence de l’Unep au sein du réseau Vivapolis va dans ce sens. Nous y portons les arguments sur les bienfaits du végétal, qu’il faut continuer à mettre en avant après la COP 21.

Quelles échéances vous attendent sur le front social ?

L’agenda devrait être chargé en 2017, d’abord avec les décrets des lois Travail et Pénibilité, puis avec la renégociation des accords Prévoyance et Santé concernant les cadres et les agents de maîtrise. D’ailleurs, je tiens à souligner à quel point le terme de pénibilité me paraît aberrant, compte tenu de l’effet d’affichage vis-à-vis des jeunes et de leurs parents. Parle-t-on des dépressions favorisées par les métiers sédentaires ? Les relations sociales restent très paternalistes dans nos entreprises, et je donne un sens positif à ce mot : une relation sensible, et un objectif de contribuer au bien-être de chacun.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
Votre avis ?
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X