Architecture Technique Rénovation

Le pavillon 7 de Paris Expo Porte de Versailles change de look

Mots clés : Toiture - Verre

La modernisation de l’édifice passe par la création d’une verrière en toiture et une nouvelle façade.

Les habitués du parc des expositions de Paris Expo Porte de Versailles ne noteront pas tout de suite la différence. Le site a pourtant entamé sa mue en juillet 2015. Viparis, maître d’ouvrage, souhaite en effet moderniser et restructurer les 220 000 m² de surface d’exposition en trois phases de travaux. La première, qui se déroulera jusqu’au printemps 2018, concerne le parvis d’accueil, l’allée centrale et le pavillon 7. La deuxième étape, de 2018 à 2021, sera l’occasion de repenser le pavillon 6 et les parkings, et de créer deux hôtels. Enfin, la dernière phase, de 2021 à 2024, permettra de restructurer les pavillons 2 et 3, de créer un restaurant et des jardins dont la verdure s’ajoutera aux futures toitures végétalisées des halls.

« Des architectes de renom ont été choisis afin de participer au rayonnement international du site », précise Pablo Nakhlé Cerruti, directeur délégué de Viparis. Parmi eux, l’agence Valode et Pistre est en charge de l’aménagement global du parc des expositions et du pavillon 7. Achevé en 1969, ce pavillon est au cœur des travaux actuels. Le bâtiment de 77 000 m² fait l’objet d’une rénovation lourde avec un objectif : installer au dernier étage le plus grand centre des congrès de Paris, d’une capacité d’accueil de 30 000 places. Point particulier : la salle du congrès sera baignée de lumière naturelle grâce à une verrière en shed de 4 800 m².
Eiffage Construction, mandataire, doit organiser les opérations qui se déroulent en site occupé. « Le phasage des opérations représente ainsi la principale difficulté, puisqu’il n’y a pas une livraison, mais plusieurs étapes intermédiaires rythmées par les salons », explique Jean-Philippe Galhardo, directeur d’exploitation d’Eiffage Construction Grands Projets. Le hall 7 s’organise ainsi en deux zones de travaux concomitantes : la façade et le dernier étage, avec des méthodes de déconstruction adaptées. Ainsi, pour la façade, c’est une rénovation inversée qui est menée : « Au lieu de déconstruire d’abord et de renforcer ensuite, nous faisons l’inverse, en travaillant d’abord sur les deux tiers de la façade », explique le directeur d’exploitation. Le basculement vers le dernier tiers est prévu pour août 2016. Concernant l’ouverture du toit et la création de la verrière au dernier étage, le recours à une société de manutention lourde pour l’évacuation des mégapoutres a permis de s’affranchir des étaiements provisoires aux niveaux inférieurs et donc de maintenir l’activité.
La rénovation du pavillon 7 représente un budget de 130 millions d’euros HT, sur une enveloppe globale de 152 millions d’euros alloués à la première phase.

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Maître d’ouvrage : Viparis. Maître d’œuvre : Valode & Pistre. BET façade et verrière : VP Green. Entreprises : Eiffage Construction Grands projets (mandataire), SMTP (déconstruction), Goyer (façade vitrée).

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Façade - Le verre remplace le béton

La rénovation de la façade nord du pavillon 7 va consister à « ouvrir » le mur opaque en béton tout en conservant la structure afin d’y insérer une façade vitrée. Par ailleurs, un vaste atrium sera aménagé en partie centrale. « Le bâtiment a été conçu avec des planchers caissons, ce qui signifie que leur charge est répartie sur quatre points d’appui », indique Philippe Sreih, conducteur de travaux principal chez Eiffage Construction. Une démolition classique des planchers à la croqueuse aurait nécessité des étaiements importants pour prévenir les risques d’effondrements.
Afin de gagner du temps, l’ordre des opérations a été inversé par rapport à une démolition classique. De nouveaux poteaux, voiles et poutres ont été réalisés jusqu’à la fin janvier. Ces éléments assurent une reprise complémentaire des charges.
La démolition de la façade extérieure et d’une partie des poutres de rive va maintenant débuter. Pour permettre l’accès au bâtiment lors des salons, les travaux concernent pour l’instant les deux tiers de la façade.

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Verrière - La déconstruction des mégapoutres

La réalisation de la verrière au dernier étage du pavillon 7 a exigé de démonter d’abord la structure existante. « Une étape complexe puisqu’il s’agissait de déconstruire des mégapoutres de 19 m de longueur, 2 m de hauteur et surtout de 45 t, ainsi que des poutres secondaires de 35 t », précise Walid Bensmaïne, conducteur de travaux principal chez Eiffage Construction. Avec une difficulté supplémentaire puisque le plancher ne peut reprendre que des charges inférieures à 600 kg/m². La solution a consisté à recourir aux services d’une entreprise spécialisée dans le déplacement d’ouvrages d’art, Kamag, et à utiliser un engin équipé d’une plate-forme hydraulique qui répartit les charges homogènement sur ses 16 essieux. « Certes, chaque essieu supporte jusqu’à 100 t, ce qui est bien au-delà de nos besoins, mais c’est la capacité portante du plancher qui a dimensionné l’appareil », souligne le conducteur de travaux. Ce système a permis d’évacuer les 96 poutres secondaires, puis les 24 mégapoutres principales en un mois et demi, fin 2015. La sécurité des visiteurs aux étages inférieurs a été assurée par une mesure des déformations de la structure en temps réel par fibres optiques, dispositif complété par un contrôle visuel quotidien. L’espace est ainsi dégagé pour installer la verrière de 4 800 m².

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