Architecture et urbanisme Equipement

Le Patronage laïque à la mode XXIe siècle

Mots clés : Politique du logement

La première œuvre, en France, des agences Laps (Paris) et MAB (Barcelone) marie deux programmes : un équipement municipal parisien destiné à promouvoir les valeurs républicaines et un foyer de jeunes travailleurs.

Une parcelle exiguë de 480 m2 abritait depuis 1892 le siège historique du Patronage laïque de Paris. Pour remplacer le bâtiment vétuste et réanimer le quartier Boucicaut, les architectes de Laps et MAB imaginent « un équipement public ouvert sur la ville, qui donne envie d’entrer à l’intérieur ». Devant la vaste vitrine d’angle, un dégagement couvert forme une placette. Avenue Félix-Faure, le Patronage s’aligne sur la maison mitoyenne en hauteur comme en façade, tandis que, rue Tisserand, la résidence assure une transition douce avec le grand immeuble voisin. Les façades sur rue, opaques et denses se parent de panneaux préfabriqués de béton clair lasurés blanc. Mais au milieu, des pans de verre trempés translucide rendent le bâtiment évanescent et lumineux. Le soir venu, le rétroéclairage en fait un point de repère dans le quartier.

La faille transparente qui divise la construction annonce clairement l’entrée du Patronage. Surmonté d’une verrière, le hall prend de l’ampleur, ouvrant les lieux sur les arbres et le ciel. Traitant avec générosité les espaces de rencontre en accès libre, les architectes répartissent de part et d’autre du hall, un coin multimédia et un bar qui invitent les passants à entrer. Au rez-de-chaussée, la salle polyvalente est configurée, afin d’organiser des spectacles : système acoustique de « boîte dans la boîte », scène, régie, coulisses. Lorsqu’elle est louée à des particuliers, à la manière d’une salle des fêtes communale, les sièges disparaissent sous la scène grâce à des rails, pour laisser place aux buffets ou soirées dansantes. Au premier étage, les salles dédiées aux activités de diverses associations, se répartissent de chaque côté d’un couloir éclairé par un patio. Elles accueillent des réunions de réflexion sur la laïcité comme des cours de yoga.

Poursuivre l’esprit d’ouverture

Au programme originel, la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP), maître d’ouvrage, décide d’ajouter 30 « logements passerelles » pour jeunes travailleurs. L’entrée du foyer, latérale, est plus discrète. Les studios (entre 19 et 23 m2) occupent quatre niveaux à partir du deuxième étage. Plutôt que d’offrir sur l’arrière un visage aveugle, les architectes prolongent l’ouverture du cœur d’îlot par un patio autour duquel s’articulent les coursives qui distribuent les appartements. Des panneaux en verre translucide, du même type que ceux des façades sur rue, scandent les coursives et habillent l’attique. Au quatrième étage, les logements possèdent des terrasses, auxquelles vient s’ajouter, à la proue du bâtiment, une autre, plus vaste et accessible à tous les habitants ; une proposition des architectes, qui a emporté l’adhésion d’Anne Hidalgo, maire de la capitale. Dans chaque studio, un meuble fonctionnel ordonne, le long d’un mur, une kitchenette, un bureau et des rangements.

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ENCADRE

Fiche technique

Maître d’ouvrage : RIVP. Maître d’œuvre : MAB Arquitectura (Massimo Basile, Floriana Marotta) et Laps-Architecture (Gaia Patti, Fabienne Louyot et Salvator-John Liotta). BET : AIA (structure), Noble (fluide, économie, environnement), Aida (acoustique), Vulcaneo (sécurité-accessibilité). Entreprise générale : SRC. Surfaces : 1 834 m2 Shon (équipement : 944 m2, résidence : 890 m2). Montant des travaux : 5,7 millions d’euros HT.

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