Régions Eure

Le partenariat, ferment et ciment d’un écoquartier

Mots clés : Aménagement paysager - Produits et matériaux

Ville nouvelle de 13 000 habitants née dans les années 1970, Val-de-Reuil, dans l’Eure, cherche à inventer l’habitat de demain avec l’écoquartier des Noés, le premier à obtenir ce label en Normandie. La complexité du projet a exigé de tous les acteurs (1) qu’ils s’impliquent très en amont du chantier. « Le fait d’avoir un marché en conception, réalisation, exploitation et maintenance (Crem) nous a obligés à travailler ensemble de façon étroite. Dès le dépôt du permis de construire, à la fin 2012, nous avons commencé à nous réunir une fois par quinzaine », souligne Vincent Delestre, architecte dans l’atelier de Philippe Madec, qui a travaillé sur le projet avec ce dernier.

Le partenariat est allé très loin : « Par exemple, l’ingénieur de Bouygues a collaboré un an et demi avec nous avant de passer les marchés. Il connaissait toutes les attentes et a pu être vigilant sur tous les points », raconte Vincent Delestre. Finalement, l’équipe aura réussi quelques prouesses remarquables comme la relégation de la voiture en périphérie du quartier, la construction de 98 logements sociaux ultraperformants (passifs ou BBC), chauffés au bois, en location ou en accession, ou encore la réalisation d’une écocrèche passive, le tout à budget maîtrisé.

Impliquer la population. « Nous voulions un suivi des performances dans le temps, d’où ce marché en Crem. Cette première nous a contraints à revisiter complètement nos cahiers des charges », relate Peggy Abert, directrice générale adjointe de la Société immobilière du logement de l’Eure (Siloge) qui assure la maîtrise d’ouvrage des logements. Pour relever le défi, un sociologue a enquêté à la demande du bailleur sur la perception de l’habitat durable par les populations. « Nous avons travaillé sur la qualité environnementale mais aussi sur la “mise en vie” du quartier. Ce projet mené avec une équipe déjà constituée a bouleversé nos façons de faire et les modes de production», insiste Peggy Abert.

Elle ajoute que la qualité du projet a permis de susciter l’intérêt de majors comme Bouygues, à travers sa filiale Quille Construction, ou d’architectes de renom comme Philippe Madec. « L’adhésion de toutes les parties prenantes a permis de surmonter les difficultés, notamment pour obtenir un prix compatible avec du logement social », se félicite la directrice.

S’engager sur les performances énergétiques. L’intéressement des entreprises à la performance, avec des pénalisations en cas de non-atteinte des objectifs de consommation d’énergie, a été aussi une nouveauté pour elles. « Il a par exemple été difficile de trouver un exploitant qui veuille bien s’engager sur la performance de la chaufferie bois. Sur chaque point, il a fallu être patient, mais le résultat est remarquable, avec un niveau de détail très important. Ainsi, les pergolas prévues en acier ont finalement été construites en bois afin de ne faire qu’un seul lot avec les clôtures et les abris », précise Vincent Delestre.

Livré en deux temps, en avril et décembre 2016, l’écoquartier des Noés préfigure d’autres opérations : « Ce projet de 21 millions d’euros nous a permis de progresser et de nous démarquer localement sur l’habitat durable, se réjouit Peggy Abert. Nous lançons dès aujourd’hui d’autres écoquartiers, sous des formes différentes. »

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(1) Les acteurs du groupement de Crem : Quille Construction, filiale de Bouygues (mandataire et constructeur), Atelier Philippe Madec (architecte), Arc en Terre (paysagiste), Sneta (BET en voirie réseaux divers), Tribu Conseil (BET HQE), Ecotone ( bureau d’études en environnement), Michel Lecacheur (BET pour les lots techniques), Terre de Lys (géobiologiste) et Idex Energies (mainteneur-exploitant).
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