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LE PARIS D’HAUSSMANN, AUX SOURCES DE LA VILLE DURABLE

Mots clés : Démarche environnementale - Urbanisme - aménagement urbain

En conciliant forte densité et tissu urbain aéré, la ville aménagée par le baron Haussmann pourrait inspirer la réflexion actuelle sur l’urbanisme durable. En témoigne la riche et très scientifique exposition présentée au pavillon de l’Arsenal, qui révèle la logique fractale sous-tendant la fabrication de la forme urbaine haussmannienne.

On croyait bien connaître le Paris du baron Haussmann… L’exposition du pavillon de l’Arsenal apporte un éclairage inédit sur l’œuvre urbanistique du préfet de la Seine, en résonance avec les enjeux urbains contemporains. Dans une réflexion sur une ville plus durable, qui oserait citer l’immeuble de rapport comme une source d’inspiration ? C’est pourtant le propos des commissaires de cette exposition qui analyse en profondeur et de façon très méthodique un corpus de 57 157 bâtiments édifiés entre 1851 et 1914.

La démonstration des architectes Benoît Jallon, Umberto Napolitano (agence LAN) et de l’ingénieur architecte Franck Boutté s’avère convaincante. Les trois concepteurs ont choisi d’aborder leur sujet sous l’angle de l’analyse scientifique, à grand renfort de schémas, tableaux comparatifs et grilles descriptives. De la grande à la petite échelle, passant du quartier à l’îlot puis à l’immeuble, il s’agit de déconstruire chaque élément de la grille haussmannienne, et d’en révéler la logique fractale. « Quelle que soit sa taille, chaque îlot est porteur de la même densité, souligne ainsi Umberto Napolitano. Dans cette logique, chaque fragment de la ville est porteur d’un projet d’ensemble. » Pour constituer cette somme de diagrammes, les commissaires ont croisé de multiples sources et compilé de très nombreuses données issues de l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur), des archives de Paris, ou en accès libre (open data).

Densité forte mais supportable

Le parcours commence par une comparaison internationale qui permet de prendre un peu de recul et donne du poids à la démonstration. Un imposant tableau ordonne les tissus urbains de quinze métropoles, dont Brasilia et Tolède, et celle du quartier de l’Opéra. Il pointe l’extrême densité du tissu parisien, avec un coefficient d’emprise au sol du bâti de 66 %,...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 258 du 17/03/2017
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