Territoires Région

Le nouvel exécutif francilien privilégie l’investissement

Après trois jours de débat, Valérie Pécresse, présidente du conseil régional d’Ile-de-France, a fait adopter son premier budget par 119 voix pour et 86 contre. S’élevant à 4,978 milliards d’euros, il est bâti à partir de l’exécution du budget 2015 et non du prévisionnel 2015. Le nouvel exécutif francilien veut « rompre avec les pratiques du passé qui consistaient à geler une partie des autorisations de programme une fois les budgets votés ». S’appuyant sur l’audit financier commandé à Ernst & Young, il pointe aussi la « forte » dégradation de la solvabilité financière de la région entre 2010 et 2015 : augmentation des dépenses de fonctionnement de 9 %, baisse de l’épargne brute de 23 %, progression de 53 % de l’encours de la dette (5,73 milliards d’euros fin 2015).

Un contexte contraint.

Si l’on ajoute les 140 millions d’euros de baisse des dotations de l’Etat, c’est dans un « contexte contraint » que ce budget a été construit. L’exécutif a choisi de privilégier l’investissement, en hausse de 4,8 %, à 1,632 milliard (1), en autorisations de programme (AP) et de 2,6 % en crédits de paiement (CP) à 1,720 milliard (1). Du point de vue des AP, plusieurs secteurs tirent leur épingle du jeu : transports (600 millions, + 9 %), enseignement secondaire (401,5 millions, + 5,5 %), enseignement supérieur et recherche (118,9 millions, + 38,6 %), développement économique (108,6 millions, + 5,8 %). La sécurité, un thème fort de la campagne, bénéficie de 18,8 millions (hausse de 180 %). Mais les crédits alloués à la formation et à l’apprentissage reculent, comme ceux du logement (voir ci-contre).

Les dépenses de fonctionnement se contractent de 5,4 % à 2,133 milliards d’euros (1) en autorisations d’engagement (AE), soit 120 millions d’euros d’économies. Du fait du décalage entre l’exécution des AE et leur couverture en CP, ces derniers restent stables en 2016 à 2,648 milliards (1). Pour réduire son budget de fonctionnement, la région fera feu de tout bois : non-remplacement des départs en retraite, baisse des dépenses de communication… Enfin, l’emprunt d’équilibre est fixé à 802 millions d’euros (- 5 %).

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ENCADRE

Recul des crédits alloués au logement

En investissement, le secteur du logement est doté de 109,5 millions d’euros en autorisations de programme (AP) – soit – 14,2 % par rapport à l’exécution du budget 2015 – et de 119,65 millions en crédits de paiement (CP) – soit – 8,9 %. En AP, le logement intermédiaire bénéficie de 10 millions (contre 0,016 million) ; les logements sociaux PLUS de 35 millions (- 7,5 %) et les logements très sociaux PLAI de 25 millions (- 23,7 %). Les crédits alloués au logement en faveur des jeunes restent stables (28 millions) comme ceux dédiés aux copropriétés en difficulté (11,5 millions). Pour 2016, la lutte contre la précarité énergétique n’est pas dotée en AP (14 millions en 2015) mais bénéficie toujours de 11,7 millions en CP.

(1) Hors fonds européens.

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