Territoires Bordeaux

Le nouveau paysage de la rive droite

Une promenade jardin entre deux ponts. Voilà ce qui a été inauguré sous le terme de « séquence Deschamps » en rive droite de Bordeaux, à la mi-octobre. Il s’agit de la nouvelle – mais pas ultime – phase du parc aux Angéliques qui court à son rythme, rattrapant parfois le parcours chahuté des quartiers en renouveau de la rive droite. Qu’on ne s’y trompe pas, le parc aux Angéliques sera à son achèvement le plus grand bord de fleuve aménagé du sud de la France : le double des 40 ha d’aménagement situés rive gauche, mené par Michel Corajoud durant la dernière décennie. Ainsi, deux conceptions complémentaires composent le paysage de rive de la Garonne. Pour Michel Corajoud, il s’agissait de transformer les quais inaccessibles en promenade urbaine, où les voitures jouxtent une vaste bande de 80 à 200 m de largeur en bordure du fleuve. Dès 1995, le maire Alain Juppé avait échangé des terrains avec le Port, fait détruire la plupart des hangars et ouvrait les quais aux piétons. Le travail de Michel Corajoud, achevé en 2009, s’étend sur 4,5 km de rives. Un vrai succès populaire, qui a magnifié la ville et fait dire au maire dans nos colonnes « les quais sont mon Guggenheim à Bordeaux ». Chez Corajoud, le quai aménagé constitue un prolongement végétal de la façade bâtie au XVIIIe siècle, « faisant glisser en douceur du minéral du bâti au sauvage du fleuve » aimait-il à rappeler.

Un parc urbain sur un terrain vague.

Chez Michel Desvigne, en rive droite, la tâche est tout autre : pas de support bâti, mais une vaste friche, des rives inondables et inaccessibles, un espace décousu, ponctué par des ponts. Là, il s’agit de « construire une naturalité construite, vraisemblable », explique-t-il. Le parc aux Angéliques, travail de très long cours, porte sur un domaine extrêmement vaste dont 8 ha sont aménagés en parc pour relier à terme les deux ponts d’Aquitaine au nord (la rocade) et Saint-Jean au sud (la gare). Et pourquoi pas pour se prolonger plus au sud, vers le futur pont Jean-Jacques Bosc, qui doit être livré en 2019. A l’été 2015, le parc aux Angéliques représentait déjà plus de 5 ha aménagés, avec 3 500 arbres plantés (aulnes, chênes, peupliers, saules). La séquence Deschamps apporte 2,5 ha de plus. Un espace plus urbain, plus horticole, dont la grande pergola (longue de 600 m) structure l’axe, offrant de nouvelles vues sur la ville de pierre. C’est le premier projet de parc entièrement conduit par l’Etablissement public d’aménagement Bordeaux Euratlantique. Il avait confié le secteur à TVK, associant les paysagistes Pascal Cribier, récemment décédé, Patrick Ecoutin et Daphné Charles.

Il aura fallu trois ans de travail pour transformer ce terrain vague longeant la Garonne en parc urbain. « Tout a été fait dans le respect parfait des délais et finances. Il ne reste qu’une bande du côté du fleuve que nous n’avons pas traitée. Nous attendrons que les travaux soient réalisés sur les digues pour le faire », a indiqué Stephan de Fay, le directeur général d’Euratlantique le jour de l’inauguration.

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