architecture Rennes

Le nouveau métro sur la piste de lancement

Mots clés : Ouvrage d'art - Transport collectif urbain

Sur sa partie aérienne, la ligne reposera sur un viaduc de 2,4 km.

Sa construction mobilise un lanceur spectaculaire.

Il s’agit de l’un des chantiers de transport urbain les plus importants à l’heure actuelle en France. Démarrée en janvier 2014 après une année de préparation, la construction de la ligne B du métro de Rennes (Ille-et-Vilaine) se poursuit bon an, mal an. Les travaux, estimés à 1,2 milliard d’euros (valeur janvier 2010), consistent à réaliser 13,8 km de ligne nouvelle à travers la capitale bretonne, selon un axe sud-ouest/nord-est. Elle complétera ainsi, à l’horizon 2020, le parcours du métro A, ouvert en mars 2002, qui relie le sud-est au nord-ouest de l’agglomération. Au total, 15 nouvelles stations seront créées, dont trois aériennes, construites sur un impressionnant viaduc de 2,4 km de long.

2 395 m : longueur totale du futur viaduc du métro de Rennes, qui accueillera trois stations aériennes.

Opération d’envergure se déroulant dans un contexte urbain particulièrement contraignant, le chantier de la deuxième ligne du métro rennais avance au rythme du tunnelier Elaine, mis en service en janvier 2015. Objectif ? Réaliser un tronçon de 8,5 km sous l’hypercentre de la ville, à une profondeur moyenne de 30 m. Arrêtée à la fin novembre 2016, pour permettre la réalisation de travaux de confortement en surface – après l’apparition d’un fontis de 15 m 2 et de 3 m de profondeur dans le centre-ville historique de Rennes –, la machine a pu redémarrer le 4 avril dernier, direction la station Jules-Ferry, l’une des 12 gares souterraines du tracé. Elaine a déjà parcouru près de 5,2 km, soit plus de 60 % de son parcours total, fait savoir Rennes Métropole, maître d’ouvrage du projet.

973 : nombre total de voussoirs en béton préfabriqué, à précontrainte interne, qui composent l’ouvrage.

« Furtivité » structurelle. Chantier de travaux souterrains somme toute classique – au cours duquel seront évacués pas moins d’un million de mètres cubes de déblais du sous-sol rennais ! –, la construction de la ligne B se caractérise également par l’édification, à une hauteur maximale de 7 m, d’un immense viaduc de 2 395 m de long pour 8,6 m de large, entre les stations Beaulieu-Université et Cesson-Viasilva, à l’est du tracé. L’ouvrage, peu courant en milieu urbain, sera constitué de 973 voussoirs en béton préfabriqué (à précontrainte interne) et reposera sur 70 piles coulées en place – en forme de X et de Y. Sa construction nécessitera, au total, près de 22 000 m 3 de béton. La livraison du génie civil est officiellement prévue en juin 2018. Aujourd’hui, un septième de l’ouvrage environ est réalisé.

110 m : longueur de la poutre de lancement, d’un poids de 500 t, qui met en place les voussoirs du viaduc.

Particularité de ce chantier d’ouvrage d’art : un lanceur – entendez une poutre de lancement autodéplaçable – de 110 m de long et de 500 t est employé pour mettre en place les voussoirs, chacun pesant entre 60 et 125 t. « Le choix fait par le maître d’ouvrage d’un viaduc constitué de bi-travées a imposé de concevoir et de dimensionner une poutre de lancement capable de soutenir et de poser simultanément les voussoirs de deux travées, c’est-à-dire un tablier d’environ 70 m », explique Olivier Chappard, directeur général adjoint de Razel-Bec, l’entreprise mandataire du projet. L’une des complexités du chantier réside dans la géométrie du tablier de l’ouvrage (19 000 m² de surface), lequel présente des rayons de courbure pouvant atteindre 125 m, un dévers maximal de 10 % et une pente longitudinale allant jusqu’à 5 %.

Acheminés par remorques multi-essieux jusqu’à la poutre de lancement, les voussoirs sont préfabriqués dans une usine à ciel ouvert de 4,5 ha au droit du chantier. Conçus sur mesure, ils présentent une forme trapézoïdale, avec une hauteur limitée à 1,7 m, offrant ainsi une finesse à l’ouvrage. Une « furtivité » structurelle, mais aussi en termes d’impact, puisqu’une attention toute particulière est portée, par les équipes sur place, à la réduction des nuisances, chantier urbain oblige.

Maîtrise d’ouvrage : Rennes Métropole. Maîtrise d’ouvrage déléguée : Société d’économie mixte des transports collectifs de l’agglomération rennaise (Semtcar). Maîtrise d’œuvre : Egis Rail, Egis Bâtiments Centre-Ouest, Arcadis, L’Heudé & L’Heudé Architectes, Lavigne & Chéron Architectes. Entreprises (viaduc) : Razel-Bec (manda taire), Eiffage. Génie civil (viaduc) : commencement en avril 2014 ; achèvement prévu en juin 2018. Montant (viaduc) : 55 millions d’euros HT.

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